Et si Didier Super était la réincarnation du Christ?
«Quand un véritable génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui.» Jonathan Swift
Cette citation utilisée en exergue du chef d'œuvre qu'est La conjuration des imbéciles de J.K Toole s'applique parfaitement à Didier Super.
Pourquoi beaucoup d'imbéciles se liguent contre ce personnage ? Parce qu'ils ne reconnaissent en son humour qu'une provocation vulgaire les poussant aux limites de leur « bienpensance » (et l'humour officiel qui l'accompagne sur nos télés).
Olivier Haudegond (le créateur de Didier) met le public mal à l'aise avec ce personnage exécrable et drôle, tout en déclenchant des rires à partir de sujets jugés trop délicats par beaucoup (pour ne pas dire tout le monde): racisme, handicaps, pédophilie... De la honte d'en rire et du plaisir qu'on peut y prendre...
Didier Super nous renvoie donc aux aspérités les plus sombres ne nos personnalités, le sadisme et la petitesse d'esprit présents en chacun de nous, dans nos jugements et notre intolérance, "à droite comme à gauche" (le titre d'une de ses nouvelles chansons).
Certains préfèrent s'indigner après quelques rires initiaux, d'autres riront à en pleurer, préférant diriger leur indignation vers le monde dans lequel on vit, et trouvant un exutoire dans le rire parce que comme le dit Didier "vaut mieux en rire que de s'en foutre".
Deux choses sont sûres: cet Andy Kaufmann français ne laissera personne indifférent, et sa comédie musicale à venir, "Et si Didier Super était la réincanation du Christ?", ne convertira pas les détracteurs. Simon DESCAMPS
En tournée dans toute la France (TOURS, ISTRES, ANNEMASSE...)
Toutes les infos sont sur : http://www.didiersuper.com
Dans la rédaction d’un énième titre presse people, spécialisé en scoop et autres paparazzades, l’atmosphère n’est pas au sommet : trop de numéros sans un vrai coup, sans une vraie couverture qui fasse vendre : résultat : dettes énormes, départs des journalistes… La patronne, la « mythomama » excentrique et frustrée Anne Sophie doit prendre des décisions drastiques jusqu’à renvoyer le Gus, le rédac-chef, qui est , en l’occurrence, son ex-ami… A l’histoire se mêle Olivia, la nouvelle femme de Gus, ex porno-star en recherche de reconversion et qui, finalement n’a pas trop perdu le sens « de la luxure »… et Rocky, star du X, pittoresque... Après le magazine « Voitou » laissé habilement à l’agonie par sa patronne, c’est le nouveau mag « Pinky » qui naît en exploitant le juteux « créneau » gay… Mais bien sûr, le nouveau chef de la rédaction est toujours Gus… qui opportunément a changé ses préférences sexuels !...
Les ingrédients sont là et ils sont de qualité. La recette est mitonnée et cuisinée à merveille, avec une grande justesse … Les dialogues sont souvent très drôles. La mise en scène, simple, et au service de l’histoire et son rythme neurasthénique. Nous avons apprécié également les différences ruptures du spectacle grâce aux nombreux changements de décors. Bref : le délire est assuré, entre chansons pop, caprices du chien Prada et le nouvel assistant(e) de Gus. Légère et franchement bienfaisante, cette comédie est interprétée admirablement, et la petite mention spéciale (même si on les a tous, mais vraiment tous, adoré !!!) va à l’extraordinaire, irremplaçable et irrésistible (nous aurions envie de continuer les éloges) Clair (Anne Sophie) : vous aller vitement l’adopter !
Si la vie parisienne n’est pas toujours en rose, essayez « La Pinky mania » ; Elle déferle au Théâtre le Temple, et il faut grappiller toutes les douceurs dont elle nous gratifie !... Claudio SAPONARA
THEATRE LE TEMPLE
18 rue du Fbg du Temple
75011 Paris
Tél.: 08 92 35 00 15
JUSQU'AU 30 DECEMBRE 2009
A la mort de sa mère, un Simon bouleversé revient à la maison familiale. Il y fera la rencontre de cinq créatures étranges et fantasmagoriques, sans tabous, aux désirs sexuels assumés et débridés.
Dans un premier temps franchement agacé ( et agressé ), Simon s'autorise, en brisant les barrières morales et en se libérant des contraintes du réel, à se laisser titiller par ces cinq projections de l’image de la femme : 2 sœurs incestueuses ( le désir ), une transsexuelle dévastée rappelant plus une poupée gonflable qu’un être humain ( le fantasme ), une femme / chienne lubrique, sensuelle et agressive ( la peur ) et enfin Claire, seul personnage féminin bien « réel » ( l’engagement ), que Simon ne cessera de repousser / attirer.
SEXTETT est une comédie érotique, sensuelle, sexuelle et musicale où désir et imaginaire, fantasme et réalité se mélangent en une projection déjantée.
Portée par 6 acteurs jouant au diapason ( M.LESCOT, entouré de M. de MEDEIROS, J. JOHANNA WEISS, A.M CADIEUX, M.F.LAMBERT et J.NIZARD ), la pièce de REMI DE VOS est une véritable belle surprise, où, derrière les artifices légers et drolatiques ( décor très ’70, musique jazz -cocktail ), se cache une subtile réflexion sur les névroses de l’homme moderne, entre attirance et refus, incapacité d’assumer ses désirs, omniprésence du fantasme, cynisme face à l’engagement et vraie angoisse de ne pas être à la hauteur.
Une pièce douce-amère, d’une brillance rare, mise en scène avec talent et générosité…Dominique GAGLIARDI
THEATRE DU ROND POINT
2 bis avenue Franklin D. Roosevelt 75008 Paris
Tél. : 01 44 95 98 21
JUSQU'AU 14 NOVEMBRE 2009
Harold PINTER, Prix Nobel de Littérature 2005, explore les sentiments complexes entre 3 personnes, liées par l'amitié, l'amour, le mariage, l'adultère...
Et les trahisons qu'elles engendrent sous l'influence de la passion.
Un couple d'anciens amants se retrouve.
Au fil de leurs souvenirs et de la renaissance de leur amour, les trahisons passées et futures se télescopent. Le texte de Pinter est sobre, sans grandes tirades, pour permettre aux acteurs de transmettre toute la vie intérieure des personnages. Et ils le font avec beaucoup de subtilité et de générosité.
Un jeu juste, sans cabotinage, qui laisse les spectateurs interpréter ce qu'ils voient et ce qu'ils entendent, voire les silences, selon leur propre psychologie.
La mise en scène est au service des acteurs, qui sont eux-même au service du texte, pour un très bon moment de réflexion ludique et d’introspection… Eric HAAS
Théâtre du LUCERNAIRE
53 rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris
Tel : 01 45 44 57 34
JUSQU'AU 28 NOVEMBRE 2009
Rilke, devenu secrétaire de Rodin pour survivre, confie le soir à son carnet tout ce qu'il ne peut pas dire : son combat entre deux mondes. Celui qu'il a perdu, vaste et merveilleux et celui auquel il doit s'adapter, âpre et étroit. Il recrée sa mère, dialogue avec elle, retrouvant ainsi l'amour absolu qui n'était qu'entre eux deux, et tout ce monde perdu…
Cette réflexion sur la tâche de l'écrivain, sur la solitude, sur la misère, sur la cruauté, sur la maladie et sur la mort est rendue dans cette adaptation, avec une richesse et une justesse épatantes… Lorsque l’on sait que Rilke a mis 6 années pour venir à bout de ce récit, on devine la difficulté et le courage de l’entreprise de madame Bérangère DAUTUN. Chapeau à elle ! Le couple, mère-fils qu’elle forme avec « Rilke » est bouleversant d’affection retenue, et notre âme , en les écoutant, monte paisiblement vers des sphères emplies de sagesse… Et enfin, évoquer l’acteur interprétant Rilke n’est que justice : tout d’abord, son nom est Guillaume
Bienvenu. Guillaume BIENVENU… Il faut toujours répéter les noms des artistes encore inconnus du grand public, avant qu’ils ne le deviennent… Guillaume Bienvenu
Il est, sans conteste, la révélation . Nous l’avions déjà repéré dans Le veilleur de nuit mis en scène par Cochet aux Bouffes Parisiens, et nous le retrouvons au plus haut de son talent d’acteur dans ces « Cahiers… » : un physique agréable d’une douceur mélancolique, et dans la sobriété, une somptuosité d’acteur comme nous en avons rarement vu… Guillaume Bienvenu… Un spectacle d’une grâce sombre et si légère, à découvrir d’urgence… Jeniffer LECORRE
Théâtre de LA HUCHETTE
23, rue de La Huchette
75005 PARIS
Tél. : 01 43 26 38 99
JUSQU'AU 12 DECEMBRE 2009
Michèle Guigon est seule sur scène…
Comme nous le sommes tous, finalement, dans la vie…
Parce que face aux épreuves de la vie, nous ne sommes que des funambules solitaires toujours en péril ;
Cette vie moderne, frénétique, où la performance est obligatoire, où l’efficacité et la rapidité gagnent contre la réflexion, où la vieillesse est une maladie, où le TGV s’est imposé comme moyen de transport…
En courant, nous nous focalisons trop sur la destination, l’arrivée, et plus dans le voyage même.
Michèle Guigon aborde ces thèmes grâce à un texte émouvant, humain, relatant son enfance, son parcours de comédienne, sa maladie, et le temps qui passe, inexorable, pour tous, même pour les parisiens…
Faute de nécrologues dans les pages du journal, elle nous rappelle que l’on meurt, on vieillit, même si l’on ne s’en rend moins compte à Paris qu’en province.
Souvent elle se sert d’un bel accordéon pour nous toucher en profondeur….Les mots, les notes, et la vie passe….
Tout en traitant des sujets que l ’on zappe volontiers de notre quotidien, comme mort-cancer-vieillesse, elle se livre comme rarement on a vu un acteur se livrer, dans ce spectacle doux-amer qui réussit a nous faire sourire de notre destin, qui nous rapproche du sens de la vie… Et l’on éprouve un plaisir extraordinaire à l’écouter…
Elle nous raconte d’ailleurs que sa tante se regardait quotidiennement dans le miroir au moment du réveil et se demandait : « Qu’est-ce que je fais cette journée pour ma vie ? »…
Pour la journée, c’est comme vous le voulez, mais pour la soirée, un conseil amical : allez voir "LA VIE VA OU?", au Lucernaire !... Claudio SAPONARA
De et avec : Michèle Guigon
Mise en scène : Susy Firth
Théâtre du LUCERNAIRE
53 rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris
Tel : 01 45 44 57 34
JUSQU'AU 28 NOVEMBRE 2009
Alors que les Allemands se présentent aux portes de Paris en ce mois de mai 1940, Benoîte et Flora, soeurs issue du microcosme bourgeois artistique parisien, entament la rédaction commune d’un journal intime. Benoîte, la vingtaine, intellectuelle cynique à la verve humoristique crue s’y livre dans un style aux antipodes de celui de sa cadette Flora qui à bientôt 16 ans a presqu’autant de préoccupations superficielles que de prétendants et se prépare tranquillement à un avenir de vamp.
Lisa Schuster signe ici une adaptation facétieuse réussie : on est impressionné par l’énergie et l’humour caustique de ces deux soeurs. On ressent pleinement les moments de résignation et de lassitude qu’elles traversent au fur et à mesure que l’occupation et le régime de Vichy s’installent, et que leurs aventures amoureuses déraillent. On en ressort avec une brillante analyse de la condition féminine et ses évolutions dans la France des années 40, passant des conditions très particulières et restrictives de l’occupation à la tolérance des excès de la libération.
Les actrices se montrent à la hauteur du défi que représente la versatilité du texte et des tons qui y sont employés. Lisa Schuster est une Flora convaincante et entraînante dans son parcours d’adolescente pas vraiment perturbée. Aude Briant incarne de façon touchante et par moments désopilante une Benoîte dont l’écarquillement des yeux n’a égal que l’acidité de son humour.
Vous l’aurez compris, cette pièce est une réussite totale, une habile combinaison d’une Histoire vécue, d’émotions, de rires profonds, de réflexion sociale, et nous la recommandons avec l’enthousiasme qu’elle nous a communiqué… Simon DESCAMPS
Auteur : Benoîte et Flora Groult
Adaptation : Lisa Schuster
Metteur en scène : Panchika Velez, assistée d’Aurélien Chaussade
Avec BAude Briant et Lisa Schuster
POCHE MONTPARNASSE
75, boulevard de Montparnasse 75006 Paris
01 45 48 92 97
JUSQU'AU 30 NOVEMBRE 2009
Beaucoup d'humour, et une très juste interprétation du magistral roman de Victor Hugo, "Les Misérables", condensé ici en 1h15 grâce à l'adaptation de Philippe Honoré.
En se concentrant uniquement sur les principaux protagonistes du roman, la compagnie Philippe Person nous emmène dans un superbe voyage au pays des Thénardier, de Fantine, Cosette, Jean Valjean, Javert et du méconnu Marius…
Seuls 3 comédiens suffisent à réaliser ce tour de force, interprétant à tour de rôle les différents personnages de cette vaste fresque sociale (Il faut noter l'émouvante interprétation de Fantine et l'arrogante et burlesque représentation de la Thénardier.. ).
Le décor, minimaliste, se meut sous vos yeux. Les costumes, parfois comiquement décalés, évoluent également par le truchement d'agrafes astucieusement placées, transformant ainsi les costumes en fonction des personnages interprétés.
A mi-chemin du cabaret - comédie musicale et de la représentation théâtrale, le théâtre du Lucernaire nous offre un très joli périple au pays des Misérables… Claudio SAPONARA
Théâtre du LUCERNAIRE
53 rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris
Tel : 01 45 44 57 34
JUSQU'AU 10 JANVIER 2010
Le titre vous semblera probablement familier…
Oui, c’est bien celui du film avec Marina Foïs et Julien Boisselier !
Après son succès au cinéma, la rocambolesque soirée entre Fanny et Paul débarque au théâtre.
Le thème est celui des trentenaires célibataires, leurs peurs et leurs mésaventures avec l’autre sexe.
Incompréhensions, indécisions, et la recherche du « bon coup », ou encore mieux de le transformer en GRAND coup : trouver la fameuse âme sœur…
Attention : mauvais plan toujours à l’affût, rencarts foireux, dîners tendus en tête à tête, rythmes et expectatives différentes.
Et le temps passe, avec l’horloge biologique plus au moins à l’heure, tout comme le dernier RER…
Tout ces sujets traités avec fantaisie, lors d’un « repas romantique » (pizza surgelée et macédoine en boite…) entre deux personnes seules en besoin d’amour.
Un texte très bien écrit : entre quiproquos amusants et moments plus délicats.
Acteurs ? … Parfaits !
Drôle ? On rit énormément, ( des répliques comme « si je ne baise pas, j’aurais fait au moins le ménage » par Fanny (Martine FONTAINE, excellente !) en rangeant la maison attendant son collègue Paul (Yvon MARTIN ou Laurent MAUREL ) ou encore« Je te préviens, pas de sodomie ni fellation le premier soir » - « ok, ça me va ».)
Toujours drôle ?
Pas toujours… Mais pour la bonne cause : La touchante chanson « trentenaire et célibataire » jouée cette fois-ci par son vrai auteur, Martine Fontaine (chantée dans le film par Marina Fois).
En effet, on s’amuse beaucoup, mais ce rire devient peu à peu doux-amer, et souvent nous rappelle notre vie réelle, présente ou passé, de trentenaires célibataires en manque d’amour…
Vivre cette histoire avec le public et les acteurs… est une expérience très forte, et le théâtre amplifie beaucoup plus cet effet d’identification par rapport au cinéma…
A force de succès, le regard heureux des très nombreux spectateurs rend cette pièce déjà réussie, très belle… Même si « Fanny » , elle, s’échine à nous répéter « J’me sens pas belle »…. Claudio SAPONARA
Auteur : Bernard Jeanjean
Mise en scène : Jade Duviquet
Distribution : Martine Fontaine ou Mélodie Marcq et Yvon Martin ou Laurent Maurel
GRANDE COMEDIE
40 Rue Clichy
75009 Paris
Tél : 01 48 74 03 65
JUSQU'AU 31 DECEMBRE 2009
Qu’est ce qu’un bon stand up ?
Question des plus difficiles au vu de ce qui se fait en ce moment en France...
Retour des one man shows à sketchs avec le médiatisé et surcôté Laurent Laffitte, stand ups « fusion » incluant des sketchs et des personnages fictifs comme l’essai plutôt réussi de Jérôme Daran, et enfin de nombreux essais de stand ups « à la française » pas toujours concluants, le cul entre trois tabourets, les origines anglosaxonnes, l’écueil de l’humour franchouillard, et les blagues basées sur une appartenance communautaire (ce que les plus grands comiques américains ont eu l’intelligence de délaisser au début des années 90’s ... ).
Un premier élément de réponse pertinente consiste à aller voir la tentative réussie qu’est la routine de Sami Ameziane. Il sait s’appuyer avec brio sur une autodérision acerbe pour enchaîner et passer tout le monde au crible de l’efficacité caustique de ses vannes. Personne n’est épargné, amis, famille, Saint Denis, Paris... Les variations des registres comiques s’enchaînent sans le moindre accroc. En somme c’est du travail de pro, dévouement professionnel que Sami Ameziane a développé en pratiquant son art dans l’exigence des salles New Yorkaises, et en cherchant toujours à améliorer sa routine. Une véritable inspiration pour la scène française si elle souhaite continuer à travailler, à s’inspirer des formes d’humour anglosaxons et à développer une forme d’originalité. Simon DESCAMPS
Auteur : Sami Ameziane
Mise en scène et avec : Sami Ameziane
PETIT GYMNASE - STUDIO MARIE BELL
38 bd Bonne Nouvelle 75002 Paris
Tél. : 01 42 46 79 79
JUSQU'AU 26 DECEMBRE 2009
Salle comble, un après midi, au Théâtre Fontaine pour ce grand classique de Molière : Beaucoup d’enfants, quelques groupes scolaires et quelques adultes…L’histoire nous la connaissons, les garçons Octave et Léandre se lient en cachette à Hyacinthe et Zerbinette, mais leurs pères respectifs Argante et Géronte, au retour des voyages d’affaire ont déjà des projets de mariage bien précis pour leurs fils. Comment faire pour arranger le tout, sinon recourir au service diabolique du « génie » (ou « fourbe »…) Scapin ?
Colette Roumanoff nous propose ce texte intemporel en le servant avec un décor vraiment épuré pour que l’on se concentre plus sur le contenu que sur la forme, tout en restant fidèle à l’auteur et à son époque.
Cette jeune compagnie fait revivre les hilarants personnages de Molière avec une fraicheur vivifiante. Nous avons vraiment apprécié cet air de modernité que l’on respire, tout en respectant ce classique et ses costumes chatoyants…
Le spectacle est captivant : enfants et adultes apprécient, rient de concert très souvent en s’étonnant des multiples « fourberies de Scapin » ; Des « fourberies » interprétées talentueusement avec charme et énergie par David Thénard, qui, parmi les autres acteurs fort doués, mérite sans doute THE mention spéciale…. Claudio SAPONARA
Théâtre FONTAINE
10, rue Pierre Fontaine 75009 Paris
Tél: 01 48 74 74 40
JUSQU'AU 29 MAI 2010
Le chat botté ; Has been ?… Alors, en 2009, il opte pour des baskets ! C’est lui qui nous emmène, à la découverte de ce drôle de mélange des classiques que nous connaissons tous… Dans la forêt "d'y fait bon" il se passe des choses très bizarres par rapport aux histoires que nous connaissons… Le chat perd ses bottes, Blanche neige ne sait pas quoi faire des ses journées et personne ne reconnaît la Belle au bois dormant qui tombe, malgré elle, dans un total anonymat ! Rien ne va plus, la forêt est plus ennuyeuse que la campagne... jusqu’à ce que le grand méchant loup, (presque) fidèle à son personnage vienne mettre du désordre… avec une foultitude de stratégies et de déguisements irrésistibles… Magnifique pastiche des fables qui nous sont chères, ce spectacle est très drôle et original, avec une mise en scène fraiche et novatrice. Il est un véritable régal pour les enfants (à partir de 6 ans), mais aussi, et j’oserais dire… surtout pour nous les adultes ! Et enfin, un sincère bravo aux acteurs, magnifiques, d’une grande justesse, qui entrent parfaitement dans les personnages; Ils jouent et chantent avec chaleur et générosité ! ... Claudio SAPONARA
Auteur : Catherine Thévenau
Distribution : en alternance : Marijo Buffon, Julien Balajas, Sylvie Cavé, Clotilde Daniault, Stéphane Dausch, Manon Montel, Frédéric-Pascal Stein-Ducrocq
Mise en scène : : Sophie Raynaud
THEATRE DES VARIETES - Petite salle-
7 bd Montmartre
75002 PARIS
Tél.: 01 42 33 09 92
JUSQU'AU 3 JANVIER 2010
Dans un music-hall londonien, un jeune canadien, Richard Hannay rencontre Annabelle Smith, une jeune et jolie femme brune. Il décide de l'héberger pour la nuit : Elle lui raconte que sa vie est en danger car elle s'oppose à la divulgation d'un secret d'état par une organisation criminelle appelée Les 39 marches. Elle affirme que le chef de cette organisation est un homme de la « bonne société ». Au cours de la nuit, Annabelle s'affale sur le lit de Richard, un couteau planté dans le dos, la main tenant une carte d'Ecosse sur laquelle le nom d'une petite ville est entouré... L’histoire de ces 39 MARCHES est celle du chef d’oeuvre d’ Hitchcock de 1935. Ce qui est étonnant , c’est la façon avec laquelle Eric Métayer et ses trois camarades d’aventure ont su adapter pour le théâtre toutes les péripéties de M. Hannay avec une ironie irrésistible et un talent indéniable. Les quatre comédiens jouent , en fait, plus de 100 personnages pendant deux heures de spectacle, avec une modestie de moyens qui ne fait qu’accentuer leur habileté. Lorsqu’ils apparaissent sur le plateau, au début du spectacle, l’intention nous offrir le coté ironique de l’histoire (sans aller dans la parodie) est déjà claire ; et les rires des spectateurs accompagneront la totalité de la pièce, jusqu’au happy end final. On a envie de revoir le classique d’Hitchcock et en même temps, on se délecte vraiment de cette version, qui s’amuse justement des effets cinématographiques (Les acteurs, par exemple, lorsqu’ils jouent au ralenti les scènes d’amour, accompagnés par une musique romantique, sont irrésistibles…).
Belle performance également pour Eric Métayer, qui porte la double casquette : metteur en scène et acteur … Il faut se hâter d’aller l’applaudir , et goûter le vertige de monter ces 39 Marches… Sara ANEDDA
Théâtre LA BRUYERE
rue La Bruyère
75009 Paris
Tél.: 01 48 74 76 99
JUSQU'AU 3 JANVIER 2010
L’été est déjà un souvenir assez lointain, hélas… Alors, contre la grisaille parisienne, le petit spleen de saison, quoi faire ?
Nous vous conseillons un remède très nature, il est grand temps de « vendanger » , de « viner nouveau »…
Non, nous ne vous conseillons pas de ennivrer pour oublier ! Juste de profiter de l’automne, moment idéal pour déguster ce « wine woman show », monologue étourdissant, à consommer sans modération.
Sylvie Malys, seule sur scène, se livre intensément dans ce spectacle rythmé, pétillant et bigrement savoureux. Qui aime le bon vin appréciera son travail ! Son texte est très drôle et ingénieusement inventif sur les différent types de domaines et cépages… Et je n’oublie pas : qui aime les chansons sera aussi servi ! L’histoire de Margaux, jeune femme classé pas casée qui fête ses 33 ans, n’est donc qu’un prétexte pour nous entretenir avec légèreté et bonne humeur, et nous rappelle subtilement que souvent un bon Medoc vaut mieux que tout « médoc » !... Hic… Cela se passe à… au… au théâtre Montmartre Galabru. A la sienne ! … A la vôtre ! Claudio SAPONARA
Auteur : Sylvie Malys et Michel Thibaud
Mise en scène : Michel Thibaud
Distribution : Sylvie Malys
Théâtre MONTMARTRE GALABRU
4, rue de l'Armée-d'Orient
75018 Paris
Tél : 01 42 23 15 85
JUSQU’AU 27 DECEMBRE 2009
AH! Bernard AZIMUTH retourne seul sur scène avec son nouveau spectacle … Ah ! c’est l’exclamation de dépit de ses amis quand ils le voient débarquer à
leur soirée … Pas facile ce mec… qui appelle pour dire qu’il ne vient pas et qui change d’avis…
Et toutes les histoires qui font ce spectacle sont du même ordre… tout est tellement compliqué pour lui, mais si drôle pour nous! Et il n’est pas facile non plus d’« expliquer » rationnellement son spectacle !
Tout est tellement absurde et anticartésien dans ses sketch… tumultueux et tourmenté…. Un conflit permanent avec lui-même, avec les autres (sa femme) …et avec la
grammaire française !... Et cet indécis désordonné, interprété par Monsieur AZIMUTH nous fait pleurer …
de rire… Ses inventions confèrent même parfois au génie (quand il parle sans recourir à certaines lettres de l’alphabet qui, à son avis, ne servent à rien, ou encore, lorsqu’il nous raconte sa soirée à théâtre avec sa femme et l'interminable
altercation qui s’ensuit…Ne pas rater , non plus, la lettre de son neveu, un sommet d’absurdité divin !...). On se régale de ce flux foisonnant de non-sens !
En somme, si vous voulez sortir un peu de la monotonie, de la grisaille, de la routine et de la rationalité … Ah ! c'est ce qu'il vous faut! Et « Ah », c’est le titre du spectacle !... Claudio SAPONARA
CAFE DE LA GARE
41, rue du Temple
75004 Paris
tél. : 01 42 78 52 51
JUSQU'AU 21 DECEMBRE 2009
Les vivacités du capitane tic est une comédie explosive écrite en 1861 par Eugène Labiche et qui fut présentée pour la première fois l’année d’après. Véritable événement donc, car, malgré son succès (comme les autre oeuvres du même auteur) , jamais cette pièce ne fut proposée à nouveau au public. Il s’agit ici d’une véritable récréation qui se marie parfaitement avec les espaces historiques du théâtre de l’Essaion. L’histoire est une classique dispute entre 2 prétendants pour la main de Lucille : un homme scientifique, « positiviste » et austère d’un côté, et un militaire, sanguin, vif, et impulsif de l’autre…
La mise en scène est remarquable, avec un travail d’interprétation millimétré dans un rythme vif et énergique.
Les acteurs sont époustouflants de malice et de drôlerie …Les costumes ont été réalisés avec soin, et, comme on dit , ils « créent l’époque » ; Ce qui aide le
spectateur à se plonger dans l’atmosphère des salons mondains.
Les décors sont, eux, propices aux entrées/sorties habituels au vaudeville, mais dans une version circulaire, qui rend le tout plus fluide et moderne…
Et enfin, qui aime la musique sera servi ! Le metteur en scène a ajouté des intermèdes chantés (fort agréables) qui sont interprétés à la perfection par ses comédiens...
Si l’on parle encore d’énergie frénétique, c’est peu dire pour ce Capitaine… Car, décidément, il est vif, très vif… Claudio SAPONARA
ESSAION THEATRE
6, rue Pierre-au-Lard
75004 Paris
Tel : 01 42 78 46 42
JUSQU'AU 3 DECEMBRE 2009
Aimez-vous les one-man show ?
Et soyez sincères…combien d’entre eux, vous ont réellement satisfait ? Si vous êtes fan du genre, alors suivez notre conseil, courrez voir « Embrasse-moi « de Thierry Samitier ! !
Malgré un titre sobre, ce spectacle vaut largement le détour : allez-y et à plusieurs : vous allez vous régaler. Cet ancien économiste reconverti en auteur et comédien, se livre sur scène pendant une heure en racontant ses mesaventures avec l’autre sexe.
Les éloges sont en totalité pour l’acteur : son texte est très bien écrit, fin, fluide, souvent très drôle, original, jamais trivial. Une causticité d’écriture, de jeu, une « auto-ironie » qui nous rappelle forcement Woody Allen.
Des situations concrètes et rationnelles côtoient des passages absurdes qui nous surprennent et nous intriguent. Tout est bien agencé et reste dans la mesure ; Et la mise en scène, dépouillée, respecte l’équilibre de ce bon, ce très bon spectacle… Claudio SAPONARA
THEATRE DES FEUX DE LA RAMPE
2 Rue Saulnier
75009 PARIS
Tél. : 01 42 46 26 19
JUSQU'AU 28 DECEMBRE 2009
La jeune renarde Hermeline attend de pied ferme son mari, « Renart ». Ce dernier ne cesse de promettre des victuailles mais revient sans cesse bredouille... Il promet à
Hermeline de rapporter la plus grosse poule du poulailler « Pinte ». Ce récit médiéval prend vie grâce à une mise en scène dynamique et tonitruante. Ici,
pas de déguisements en carton pâte ou de décors en trompe l’oeil pour s’immerger dans cette farce animalière.
Les comédiens habitent avec subtilité et jubilation les animaux qu’ils interprètent. Les scènes du poulailler sont hilarantes : De « Pinte», la poule désireuse de parcourir
le monde chantant à gorge déployée « la vie en rose » à Chanteclerc, le coq prétentieux et volage …
Pour le plus grand plaisir des enfants, ils sont invités à participer au procès de Renart, orchestré de main de maitre par Noble, le Lion. De-ci de là, des clins d’oeil sont distillés aux plus grands.
Un spectacle familial ou le rire ne vous quitte pas… Corinne MARION
THEATRE MICHEL
38, rue des Mathurins
75008 Paris
Tel : 01 42 78 46 42
JUSQU'AU 3 JANVIER 2010
En dix ans, Thomas Klein, dit Tom, a fait fortune grâce à Internet et vient de vendre sa société à Microsoft. Pour l’occasion, il a invité ses amis perdus de vue depuis dix ans pour une randonnée de l’extrême, en plein coeur des Pyrénées, afin de se retrouver loin de leurs trépidantes occupations citadines.Pourquoi les Pyrénées ? Car d’après Tom, les Alpes, c’est mort !
On ne s'ennuie pas devant cette avalanche de gags et ce parterre de personnages irrésistibles. Une excellente pièce, drôle et qui fait mouche à chaque réplique. Le thème de la pièce est bien trouvée et comique à souhait pour vous permettre de passer une très belle soirée … A recommander si vous souhaitez rire de bons mots, ou si vous êtes fans de l’auteur Eric Delcourt (« La sœur du Grec »)… Aurélie MARROT.
Auteur : Eric Delcourt
Mise en scène : Eric Delcourt et Dominique Deschamps
Avec : Lydia Andreï, Éric Delcourt, Cyrille Eldin, Jean-Marie Lamour, Franck Molinaro et Marie Montoya
10 rue Fontaine 75009 PARIS JUSQU'AU 30 NOVEMBRE 2009
Théâtre FONTAINE
Tél. : 01 48 74 74 40
C’est le déjà remarqué Benjamin Oppert qui nous a concocté cette comédie pas comme les autres. Une pièce qui pique, de manière très subtile, le milieu du spectacle et le ramène à sa substance la plus réaliste…
L’humour est omniprésent, et émaille les différentes étapes de l’histoire. On rit beaucoup (le public , dimanche soir , s’en est donné à âme et coeur-joie…) et c’est pour mieux nous donner à méditer sur le choix si lourd entre les « paillettes » ou l’amour.. C’est aussi ça la grande force de ce spectacle !...
Les comédiens n’ont de cesse de mettre en valeur le texte lumineux –et à double–sens- de l’auteur de « Entre Père et Maire » :
L’ambitieuse femme ministre de la culture est si terriblement et justement bien interprétée par Christine Melcer, Rémy Oppert « star magnifique », Michel Pilorgé si bien dépassé par la situation, et enfin Aurélien Charle, comédien aussi talentueux –et très séduisant-, que l’on retrouve avec plaisir après sa récente comédie « Le célibat par intermittence »…
Une pièce d’une finesse admirable et un spectacle interprété des comédiens remarquables : Quelque part dans le 18ème arrdt de Paris, entrez au Funambule Théâtre et laissez vous tenter par ces « Tentations…Electives… » Jennifer LECORRE
Auteur : Benjamin Oppert - Mise en scène : Philippe Brigaud
Avec : Aurélien Charle, Christine Melcer, Rémy Oppert, Michel Pilorge
FUNAMBULE THEATRE
53 rue des saules
75018 PARIS
Tél. : 01 42 23 88 83
JUSQU'AU 6 DECEMBRE 2009
Je ne veux pas trop abuser de cette tribune pour narrer mon quotidien intime…Mais quand même, je peux pas m’empêcher… Oui, j’ai été voir un « PSY » hier.
Il s’agissait d’une séance exceptionnelle en groupe :
Tout d’abord, chez ce « PSY » là , on est accueilli par des hôtes et hôtesses avec une gentillesse accomplie…
Vous vous asseyez sur de magnifiques fauteuils rouges, au milieu de vos contemporains, et là… LA…. :
Un médecin de l’âme (et des zygomatiques, mais nous le saurons plus tard) vous met la tête à l’envers, avec le système de la thérapie directe…. Mais qu’est-ce donc ? me direz vous :
La thérapie directe : C’est le moment délicieux à passer, lorsque vos idées se font obscures…
C’est l’épisode à vivre, lorsque le feuilleton donne le mot FIN… Bref, c’est ça , le « PSY »…
Un délassement des mandibules, une décontraction dans nos journées moisies…
Un pur espace–bonheur à visiter…
Mais le « PSY » n’est pas seul, une secrétaire délicieusement coquine l’accompagne espièglement..
Et ce n’est pas tout !
On a le droit d’assister aux séances de ses congénères (oui, en 1 mot !!) :
Un régal de compatir à l’infortune de l’autre :
surtout quand on est atteint de la demoiselle-de-rochefort-aigue, quand on s’appelle Mr le très beau-désabusé, ou encore quand on se transforme trop facilement en ecclésiastique-libertin…
Et si l’on fatigue, on a le droit à une pause-télé avec le teaser des prochaines aventures des « Feux de l’amour »..
Alors, nous rions, rions, rions… Je n’oublie pas qu’à cette séance, on rit beaucoup moins lorsque le médecin nous demande à notre tour de pénétrer son cabinet…
Hier, Sammy, demain Josiane, après demain…Vous ? Qui sait ?...
Avant de vous quitter, chers lecteurs, je tenais à signaler que ce n’est pas la séance la plus calme que j’ai vécue (et j’en ai connu, en 34 ans d’analyse, allongé sur un buffet –mon précédent médecin n’avait plus de canapé !...) … Pas calme , disais-je : je regarde à gauche et à droite : Tous, je dis bien TOUS se gondolaient de rire… Pas un n’échappe à la réjouissance de cette soirée…
Je ne pourrais pas vous quitter, sans évoquer « mes amis de la séance », d’éclatants comédiens :
Merveilleux Nicolas Taffin (un acteur d’une énergie et d’un sens de la comédie « comique » rares… A suivre de près…) , Guillaume Eymard (Dans un double rôle délicat : Talentueux et très fin), et de leurs partenaires, excellentes dans toutes les variations d’un burlesque très juste : Carine Beaufils -en alternance avec Ludivine Desrousseaux- et Stéphanie Haye…
Et enfin, vous informer qu’on peut participer à 3 séances par semaine, que ça se passe à Paris, (et que ça se passe…Bien !) … Les salles ont pleines, (Comme dirait l’autre : c-complet.com...) , le public est heureux, (Tous fous de « PSY » : avouez que c’est pas commun !…) et la dynamique de la troupe est cadencée nerveusement…
« Non, je ne bouderais pas mon plaisir,
Car finalement, je ne veux pas guérir… » (Vous pouvez admirer la rime sauvage…)
Oui, je remettrais mon entonnoir sur la tête et je foncerais me refaire une séance au théâtre… Alfred COHEN
Auteur et metteur en scène : Nicolas Taffin
Distribution : Benoît Caudenou ou Guillaume Eymard, Stéphanie Haye, Ludivine Desrousseaux ou Carine beaufils, Nicolas Taffin
Théâtre LE MERY
7, place de Clichy
75017 PARIS
Tél. : 01 45 22 03 06
JUSQU'AU 30 NOVEMBRE 2009
Les frères Taloche ont encore frappé !
Les deux humoristes belges nous ravissent encore une fois de mimes et d’interprétations poussées jusqu’au burlesque tout en restant dans la simplicité. C’est ce qui fait d’ailleurs leur force principale : l’humour « ordinaire » est paradoxalement un des plus difficiles à maîtriser et un des plus savoureux. Les différents sketches essentiellement visuels des deux frères vous ramènent directement en enfance : à la plage, au cirque, ou encore devant un jeu vidéo, les humoristes osent et ne se lassent pas de nous faire voyager dans nos souvenirs et nos habitudes passées.
Les décors et les costumes sont d’ailleurs à l’image de l’humour des acteurs. Un cerf-volant devient une planche à voile, un bonnet de bain et des palmes un costume d’otarie. Bref, c’est avec peu de moyens, beaucoup de talent et une gestuelle hors du commun qu’ils arrivent à surprendre et à faire rire aux éclats une salle entière...
Ils aiment également rester proches du public et n’hésitent pas à interagir avec lui, que ce soit en l’interpellant ou en le faisant participer aux sketches. On a même eu droit à la fin du spectacle au fameux « J’ai encore rêvé d’elle » qui a beaucoup contribué à leur médiatisation. Plus les sketches se succèdent et plus on est séduit par ce duo étonnant, dynamique et touchant qui émerveille petits et grands.
Avec plus de trois cents représentations au théâtre Trévise, les frères Taloche sont chez eux et comptent bien tout faire pour qu’on le soit aussi… Alexandre LECONTE
THEATRE TREVISE
14 rue de Trévise,
75009 Paris
Tél. : 01 45 23 35 45
JUSQU'AU 2 JANVIER 2010
"Partir en vacances entre amis" serait-ce une fausse bonne idée ? C'est en tout cas ce qui ressort de cette comédie très originale ! Trois couples d'amis se retrouvent en vacances dans une villa au bord de la mer. Dès le départ, de petites divergences vont naitre et ne vont cesser de s'amplifier de jour en jour sur tous les prétextes : caractère de chacun (le leader exaspérant, le suiveur, le rebelle..), jalousie de statut social ou professionnel, rivalités de niveau de vie ou intellectuel, éducation des enfants... L'originalité de la mise en scène permet de dévoiler la face cachée, c'est à dire tous les sentiments ou commentaires des uns envers les autres dans l'intimité de leur chambre à coucher. Et tout le monde se lâche !
Avec beaucoup d'humour, la pression monte, les allusions fusent, les vieilles histoires ressurgissent, jusqu'au dîner final ou tout éclate lorsque l'un d'eux porte un toast..."à ses pires vacances !" S'en suit un règlement de compte épique, tonitruant ou presque tous les coups sont permis !...
Le tout en fait une comédie rythmée, pétillante où chaque acteur sait parfaitement incarner les travers, les dérives et les excès de son personnage.
La conclusion est limpide : Si vous souhaitez garder vos amis, ne partez pas en vacances avec eux !... Mais emmenez-les plutôt voir cette pièce ! Eric HAAS
Auteur : Jean Dell , Gérald Sibleyras
Mise en scène : Laure Compain , Nathalie Trégouët
Distribution : Nathalie Trégouët , Etienne Dalibert , Béatrice Chappe , Haroun Chikh , Laure Compain , Timothée Ansieau
COMEDIE SAINT MICHEL
95, Bd Saint-Michel
75005 Paris
Tel : 01 55 42 92 97
JUSQU'AU 18 DECEMBRE 2009
Qui ne connaît pas, plus ou moins, l'histoire d'"Alice au Pays des merveilles", écrite et publiée par Lewis Carroll en 1865 ?...
La petite Alice s'ennuie… Un jour, dans son jardin, elle est là, près de sa soeur qui lit un livre apparemment "sans dialogue et sans images" (« A quoi bon lire ça ?" se demande Alice). Elle s'allonge et s'abandonne au sommeil…
Et voilà, un lapin blanc très pressé vêtu d'une redingote rouge qui court dans le jardin en s'écriant "Je suis en retard, je suis en retard!"...
Puis, il passe par une petite porte et disparaît. Elle décide de le suivre en passant elle aussi par la même porte...Qui est trop petite pour elle! C’est ainsi, qu’après avoir réussi à rapetisser et une chute interminable, bien au-delà de la porte, elle se retrouve dans un monde aux antipodes du sien :
Là, elle n’arrête pas de grandir et rapetisser, elle rencontre des personnages vraiment « bizarres » ; la logique de ce "pays des merveilles" est toute "renversée"!
Réussira-t-elle à s'en sortir?...
Offerte dans la belle salle du Théâtre des Variétés, l'histoire est, justement respectée par l’adaptation et enchante, indiscutablement et les enfants et les adultes…
Et les « émerveillements » de ce spectacle sont la mise en scène de Jean Philippe Daguerre, ingénieuse et raffinée, les costumes, éclatants, et une équipe d'acteurs talentueux aux voix puissantes (Les parties chantées sont fréquentes et nous enthousiasment !...).
Tout ce qui est précieux, et à rendre éternel le charme des aventures rêvées de la petite fille blonde, et à donner du bonus à notre enfance est bien présent dans cette version d’ «Alice.. » . Un grand bravo !... Sara ANEDDA
D’après Lewis Carroll
Mise en scène : Jean Philippe Daguerre, assisté de Charlotte Matzneff
Distribution : Barbara Lamballais, Cédric Revollon, Camille Turlot, Virginie Bracq, Clothilde Daniault, Aldo Gilbert, Hervé Haine, Isabelle Turchwell
Théâtre des VARIETES
7 Boulevard Montmartre
75002 Paris
Tel: 01 42 33 09 92
JUSQU'AU 3 JANVIER 2010
"Nous sommes tous une femme" , la comédie "psychosomatique" jouée au petit Gymnase à Paris nous montre un certain désarroi chez deux femmes qui se donnent rendez-vous à travers un site internet de rencontres.
Jusque là, cela n’irait pas trop mal ; Seulement le hic , c'est que ces deux femmes qui portent toutes les deux des prénoms d'hommes se sont trompées sur le genre sexuel du partenaire qu'elles pensaient rencontrer...
Tout démarre de là, de ce quiproquo réunissant deux personnages totalement différents mais qui, toutefois, passent le reste de la soirée ensemble afin d'échapper à leur solitude.
Alors, nous nous régalons des répliques percutantes échangées : Car il faut dire que Claude, cynique et franchement mystérieuse jouera de la naïveté de Sacha, jeune midinette très drôle dans sa niaiserie.
Aussi, l'aspect " psychosomatique", troublant ou légèrement inquiétant de la pièce est bien présent : nous ne savons pas qui est vraiment Claude, ce que cache ses sarcasmes et si, réellement, elle fera de Sacha sa véritable victime… Et, c'est de cette incertitude que le public plonge dans la peur ou au contraire qu'il apprécie le comique de la situation…
Et, davantage encore, à l'arrivée de ce qu'elles attendaient toutes les deux, à savoir un « Homme »...
Avoir peur de quelque chose qui s'avère être inoffensif a toujours quelque chose de drôle en soi, n'est-ce pas?
Enfin, la comédie dans son ensemble est très réussie, le jeu des acteurs excelle dans une belle authenticité et le public ne peut jamais rien prévoir… Et ne serait-ce que pour l'imprévu final de la pièce, c'est une pièce que je recommande vivement !
Nesrine AISSANI
Auteur : Charlotte Matzneff et Jean-Philippe Daguerre
Mise en scène : Jean-Philippe Daguerre
Avec : Charlotte Matzneff , Séverine Delbosse, Thierry Batteux
PETIT GYMNASE - 38 bd Bonne Nouvelle 75002 Paris
Tél. : 01 42 46 79 79
JUSQU'AU 3 JANVIER 2010
Si vous cherchez un spectacle familial qui ravira les petits comme les grands, nous vous conseillons de vous rendre au Théâtre Michel pour assister à une des
représentations d’ « Alice au pays des merveilles ». L’Adaptation de Freddy Viau transpose brillamment l’humour anglais et décalé sur la scène du Théâtre Michel…
« En suivant un lapin blanc, Alice se trouve précipitée dans un monde merveilleux où rien n'a plus le même sens »...
Avec d’excellents comédiens et une mise en scène sans artifices mais dotée d’une grande imagination, nous voyageons gaiement avec la délicieuse Alice dans le pays
des merveilles… On y retrouve la grosse chenille philosophe et indolente, le Chat -du-comté-de- Chester au sourire énigmatique, le Chapelier et l’effroyable Reine de Coeur qui ne pense qu’à décapiter ses sujets !!! La voix grave et rassurante de Philippe Noiret ajoute de la profondeur au récit…
Une heure de spectacle drôle, intelligent et tonique ou l’on ne risque pas de s’ennuyer…
A voir de toute urgence ! Corinne MARION
THEATRE MICHEL
38 rue des Mathurins
75008 Paris
Tel : 01 42 78 46 42
JUSQU'AU 3 JANVIER 2010
Peut-on vraiment garder en haleine des spectateurs pendant 1h30 avec seulement 5 personnages qui font la queue derrière une ligne blanche et dont le seul but est d'être "Le Premier" par n'importe quel moyen ? L'excellente pièce d'Israël Horowitz prouve que Oui !
Dès le début, on ne peut s'empêcher de penser à Ionesco, à l'absurde de la situation (saura t-on enfin ce qu'ils attendent ?), à l'absurdité de cette rivalité acharnée à vouloir coûte que coûte être en tête (Etre le premier a-t-il vraiment un sens ?). Chacun va user des stratagèmes les plus fous, des plus subtiles aux plus rustres, pour arriver à ses "fins"...d'être au "début" ! Tous ces comportements cocasses et ces dialogues humoristiques nous renvoient le miroir des travers humains de notre société, dont on rit bien volontiers !
Chaque spectateur pourra faire son propre Quinté gagnant entre : finesse, magouille, séduction, opportunisme, brutalité, charme...
Cette comédie est magnifiquement servie par un casting remarquable. Chaque comédien colle parfaitement, physiquement et mentalement, à son personnage qu'il interprète avec brio. La fin nous réserve des surprises avec une mise en scène étonnante. On ne peut que souhaiter à cette pièce du théâtre Essaion de connaitre la même longévité historique que "La cantatrice chauve "au petit théâtre de La Huchette. Eric HAAS
Auteur : Israël Horowitz
Mise en scène : Stéphane Rugraff
Distribution : Avec Lionel Robert , Stéphane Rugraff , Pierre Benoist , Claire Faurot , Jean Selesko
ESSAION THEATRE
6, rue Pierre-au-Lard
75004 Paris
Tel : 01 42 78 46 42
JUSQU'AU 19 JANVIER 2010
Un chalet en montagne, des personnages bizarres qui répondent à une étrange invitation et s’y retrouvent isolés du monde et, très rapidement à se suspecter les uns les autres… Machiavéliques et hilarants : le député, en pleine campagne électorale et très attentif à toute action qui pourrait nuire à sa popularité, la bombe sexuelle qui provoque tout le monde et qui cache quelque chose de « gros », le journaliste, au physique plutôt d’un style plus « videur de boite » que chroniqueur d’un quotidien, le lâche, le bouc émissaire -idiot du village-, et enfin l’irrésistible vieille fille, sans doute un des rôles le mieux écrit…
Des gags souvent amusants, pour une comédie policière… au rythme syncopé….
Nous vous cachons la surprise finale car c’est justement la cerise sur… la glace…
L’histoire vraiment drôle, actuelle et originale de ce spectacle vous permettra de vous rappeler de cette comédie plus que d'une autre… Claudio SAPONARA
Auteur : Patricia Levrey
Mise en scène : Michel Cremades
Distribution : Isabelle Parsy, Bertrand Fournel, Pascal Parmentier, Cristelle Ledroit et Jean David Stepler
COMEDIE DE PARIS
42 rue Fontaine
75009 PARIS
Tél.: 01 42 81 00 11
JUSQU'AU 28 DECEMBRE 2009
L'introduction de la pièce est très originale et nous plonge rapidement dans l'ambiance d'une veille d'élection présidentielle. Les femmes (d'où le titre), en tant qu'électrices et candidate (ça vous rappelle quelqu'un ?), seront au cœur de tous les débats. Elles alimenteront toutes les polémiques, les alliances électoralistes...mais aussi les parties de rire et les soirées entre filles, au grand détriment des hommes qui en perdront leur suffisance, leur autorité, voire leur virilité !
A travers la vie d'un immeuble qui rassemble plusieurs types (ou stéréotypes ?) de la population française, on s'amuse à suivre les luttes d'influence et de pouvoir entre les hommes et les femmes : couple improbable d'une chirurgien-dentiste stricte avec un père au foyer baba-cool (Doc Gynéco, conforme à son image publique formidablement nonchalante) ; Femme potiche dans l'ombre de son mari cadre bancaire arriviste qui s'en affranchira pourtant de belle manière ; Femme soumise à son mari macho qui finira pourtant par prendre le dessus...
Des personnages sympathiques, des situations cocasses et un jeu d'acteur séduisant (acteurs talentueux : Philippe Lellouche, Charlotte Valandrey...mais aussi inattendus : Doc Gynéco, l'ex-rugbyman Vincent Moscato, l'humoriste Maxime), en font un bon divertissement sans prétention, et réussi…
Avant que la salle soit plongée dans le noir, n'oubliez pas d'apprécier la décoration et les dorures de ce très joli théâtre. Levez aussi les yeux vers le plafond pour admirer ...Une belle peinture romantique en trompe l'oeil !
Et là, votre soirée sera complète… Bonne soirée à tous. Eric HAAS
Auteur : Dominique Coubes, Nathalie Vierne
Mise en scène : Dominique Coubes, Nathalie Vierne
Distribution : Didier Gustin, Jessica Borio, Pierre Aucaigne, Doc Gyneco, Lucie Jeanne, Isabelle Ferron, Maxime, Kym Thiriot, Ingrid Mareski, Colette Teissedre, Fabienne Barbier Sylvain Clama et David Dubus
THEATRE DU GYMNASE
38 bd Bonne Nouvelle
75010 PARIS
Tél.: 01 42 46 79 79
JUSQU'AU 3 JANVIER 2010
Jérôme Daran prend énormément de plaisir à raconter de très mauvaises blagues graveleuses et des jeux de mots périmés. Il les enchaîne brillamment, grâce notamment à des personnages réussis, avec un humour noir provocateur qui ne manque pas de choquer une partie de la salle mais qui démontre également une autodérision à laquelle un bon nombre de spectateurs, les hommes lâches comme leur partenaires navrées, s’identifieront dans des éclats de rire coupables ou accusateurs....
On décèle dans ce spectacle la marque des très bons comiques : le timing parfait, des registres de voix et d’humours variés, une gestuelle et des grimaces maîtrisées, un enthousiasme communicant, une autodérision touchante, et, cerise sur le gâteau, l’aptitude à faire rire de très mauvaises blagues…
Le premier essai concluant et très prometteur d’un jeune homme très talentueux... Simon DESCAMPS
Auteur : Jérome Daran
Mise en scène : Grégoire Dey
Avec : Jérôme Daran
LE SPLENDID
48 Rue du Faubourg Saint Martin,
75010 Paris
Tél. : 01 42 08 21 93
JUSQU'AU 31 DECEMBRE 2009
Quatre comédiens alternent sur scène en chantant, jouant et la comédie … et du piano !… Ils nous entrainent avec bonheur dans l’univers poétique et drôle de Francis Blanche ; nous font voyager dans les différents méandres de son œuvre…Œuvre à redécouvrir et à savourer ; ce que nous faisons avec un immense plaisir.
On rit énormément pendant certaines séquences, on se pose et l’on réfléchit sur d’autres… ; Les sketchs, les chansons et les canulars se succèdent à un rythme soutenu, et le tout est animé par des comédiens polyvalents véritablement exceptionnels !!
Ils signent également une mise en scène (collective) vive et très brillante… Et le spectacle est réussi…
Il réjouit, d'un même élan, les admirateurs inconditionnels (très nombreux) de l’œuvre de Francis Blanche, ainsi que les très jeunes, néophytes, qui le découvrent…
L’humour de cet auteur, acteur, homme de scène, joliment empreint de mélancolie conquiert décidément tous les esprits, de 7 à 101 ans…! Sara ANEDDA
Théâtre du LUCERNAIRE
53 rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris
Tel : 01 45 44 57 34
JUSQU'AU 3 JANVIER 2010
Une légère pointe d’amertume et une subtile touche d’acidité parfument ce règlement de comptes familial très divertissant.
Warren Zavatta s’attaque avec une agressivité feinte et beaucoup d’humour à son grand père Achille et la « grande » famille du cirque.
Il dénigre avec lassitude et causticité les numéros qu’il accomplit habilement sur scène, brisant la magie et la tradition auxquelles il semble ou prétend n’avoir jamais cru.
Il a toujours voulu être comédien et démontre qu’il en a les capacités et les registres en intégrant ses numéros parsemés de dérision à une véritable performance de clown triste.
Au delà du règlement de comptes, ces regards portés sur son univers et son parcours nous permettent d’assister à une étrange catharsis, celle de Warren qui s’observe et parvient à réconcilier ses désirs multiples et dépasser ses ressentiments.
Son grand père serait sans doute fier : son petit fils est un clown moderne, ambigu et cynique qui sous une apparence désinvolte et parfois quasi-hostile, a un émouvant respect des traditions. Simon DESCAMPS
Metteur en scène : Anne Bourgeois
Avec : Warren Zavatta
THEATRE TREVISE
14 rue de trévise,
75009 Paris
Tél. : 01 45 23 35 45
JUSQU'AU 28 DECEMBRE 2009
Une invitation à la tolérance et à la fraternité.
De la fameuse dictée qui fut le prétexte à son arrestation jusqu'à la " parade de dégradation " dans la grande cour de l'Ecole militaire ; de l'île du Diable au tristement célèbre procès de Rennes ; du mémorable " J'accuse " de Zola à sa réhabilitation, 12 longues années après le complot qui le broya, le capitaine Dreyfus revit et tente de comprendre la catastrophe dont il est la victime.
Grâce à cette démarche intellectuelle, une foi inébranlable dans sa Patrie et une volonté de fer, il tente de sortir " par l'intérieur " de l'enfermement kafkaïen qu'on lui impose et devient ainsi le premier acteur de sa propre réhabilitation.
Une intensité dramatique forte.
Cette pièce politique est admirablement mise en scène. Une interprétation vibrante, à "fleur de peau". La douleur et le désespoir de cet homme nous atteint en plein coeur. A voir absolument pour bien connaitre l'histoire Dreyfus et les sentiments qui ont pu l'animer. Un appel pour combattre, envers et contre tout, l'Injustice ! En fin de spectacle, à en juger par les applaudissements, cet appel a été entendu… - Trystan VANNE
Auteur : Pierrette Dupoyet
Mise en scène : Stéphane Russel
Avec David Arveiller , Perrine Dauger
ESPACE COMEDIA - 6 Impasse Lamier (angle 8 rue Mont-Louis) 75011 Paris
Tél : 01 43 67 20 47
JUSQU’AU 29 DECEMBRE 2009
Deux comédies courtes :
- " A deux doigts de la vie " : le Pont des Arts. Le clair de Lune. Deux suicidaires.
Un passant... qui passe par là. Qui sautera le premier ? Humour macabre pour certains, ou humour tout court pour d’autres, un fait sûr : on apprécie ! Les trois comédiens mettent en œuvre tout leur talent pour évoquer les déconvenues de leurs personnages, tout ceci de fort belle manière… - " Non " : Et ça ? C'est une courgette ? demande l'auteur en pointant un pistolet sur la tempe du directeur. Un beau-père opposé au compagnon de sa fille ; Fait récurrent, mais… Les deux acteurs nous livrent une excellente représentation des rapports entre individus dans la société, ceci par le biais d’une mise en scène subtile et efficace… Deux pièces réussies, deux fois plus de plaisir ! Il est donc certain que nous retournerons voir ce spectacle qui allie humour, construction habile et univers passionnant dans lesquels on se plonge volontiers! Courrez les voir !... Samuel MATHI
Auteur : Jean Franco
Mise en scène : Nassima Benchicou
Avec : Diana Fontannaz, Ariane Boumendil, Benoît Moret, Nicolas Lumbreras,
Antonin Fadinard et Romain Francisco
COMEDIE DES TROIS BORNES
32, rue des Trois-Bornes
75011 Paris
tel.: 01 43 57 68 29
JUSQU'AU 3 JANVIER 2010
Franck, cadre dynamique, rencontre Clara, ethnologue et archéologue, et en tombe fou amoureux. Il la suit sur l'île de Pâques où elle se consacre à l'étude des civilisations disparues. Pour la séduire, Franck décide de sauver le monde !
L'amour et le bonheur sont-ils au bout, du bout du monde ?
C’est une bonne question et nous les remercions de nous l’avoir posée…
L’histoire nous emporte subtilement , nous faisant voyager et géographiquement, et dans les méandres des paradis verts…
Et alors, nous, spectateurs passons allègrement des tribulations romantiques du héros, à une des plus jolies fables environnementales qu’il nous été donné de vivre :
Oui, il tombe amoureux de Clara ; par mimétisme, nous en sommes nous aussi passionnément épris…
Il visite l’Ile de Pâques, et nous nous mettons à chercher frénétiquement des œufs, dans le jardin de notre voisine de palier….Jusqu’à se faire repérer et accepter les réprimandes…
Bref, l’empathie est entière.
La force du récit de « ce coup de foudre » réside dans un trio de petites choses si simples : un texte de qualité, un interprète remarquable et une mise en scène à la fois dépouillée et chatoyante…
Eric Aubrahn (également auteur du spectacle) nous prend à bras le corps dès les premières secondes et nous nous laissons faire, satisfaits de notre obéissance : il incarne tous ses personnages, (de la dite Clara, à son propre grand père -celui que l’on rêverait tous d’avoir-, en passant même par le personnage de "l' arbre pascuan"…) , ceci, sans jamais imiter, toujours dans une expression la plus sincère et la plus authentique…
Kên Higelin, apporte à ce spectacle, bien plus que son savoir faire de metteur en scène clairvoyant : un regard d’une humanité poignante qui accompagne ses personnages, pas à pas , jusqu’au mot « Fin », et bien plus encore… Tel un papa qui continue d’orienter le parcours de vie de ses enfants, même lorsqu’ils ont quitté le nid et volent de leurs propres ailes…
Nous sommes passionnés, touchés, et émus par ce spectacle d’exception, de gens ordinaires ……
Nous sortons de la salle en n’étant pas tout à fait sûrs que « L'amour et le bonheur sont au bout du bout du monde », mais ils sont assurément dans ce coup de foudre, qui devient le nôtre : « Coup de foudre à l’ile de Pâques »…. Alfred COHEN
Auteur : Eric Aubrahn
Mise en scène : Kên Higelin
Avec : Eric Aubrahn
Théâtre des DECHARGEURS
3, rue des Déchargeurs
75001 Paris
Tél.: 08 92 70 12 28
JUSQU'AU 17 DECEMBRE 2009
Le quadragénaire Hubert, hilarant, débonnaire et naïf débarque de l’Isère à Paris pour prendre possession d’un petit studio dont il vient de devenir propriétaire. Il va commencer le jour suivant son nouveau boulot de comptable au Bricorama de Velizy… Tout lui fait penser au début d’une nouvelle et jolie vie….
Sauf que son appartement est occupé par la jeune et séduisante Sascha, qui héberge aussi son copain Luigi (sympa stéréotype de l’italien tombeur de femmes au physique athlétique). Les deux, très malins et au service d’un escroc, ne sont pas vraiment disposés à partir...
Et, comme si ça ne suffisait pas, Hubert n’a pas vraiment été recruté par le Bricorama de Vélizy, mais simplement viré de celui de Vienne (en Isère, pas en Autriche !), avec l’excuse du déplacement... Sans compter que, sans le savoir, le système d’escroquerie de ses nouveaux « colocataires » - avec un télescope ils arrivent à lire les codes de cartes bleues des clients du guichet automatique en bas du bâtiment – a touché aussi sa carte bleue personnelle! Comment le pauvre Hubert va-t-il s’en sortir ?...
L’intrigue se développe entre ces trois personnages, en respectant l’unité de lieu (l’intérieur du petit studio) et en faisant couler, comme une fontaine à (très) bons mots, des répliques d’une cocasserie extrêmement séduisante…
L’ humour du quotidien et les références à la culture populaire est à la base de toutes les situations les plus rocambolesques…Des situations qui s’enchainent, sans jamais faiblir… Du comique à mourir de rire…. Un très bon divertissement pour une de vos estivales soirées parisiennes… Sara ANEDDA
Auteur : Fabrice Blind, Michel Delgado et Nelly Marre
Mise en scène : Anne Roumanoff
Distribution : Fabrice Blin ou Bruno Chappelle, Marie Pape ou Caroline Bal, Sir John ou Christophe Guybet
COMEDIE DE PARIS
42 rue Fontaine
75009 Paris
Tél.: 01 42 81 00 11
JUSQU'AU 30 DECEMBRE 2009
Le Tour du monde en 80 jours est une comédie complètement décalée. Certes décalée dans l’espace – puisque les personnages nous font voyager de Suez à Hong Kong en passant par Bombay – mais aussi (et surtout) décalée dans le temps : Quoi de plus hilarant que d’assister à un spectacle qui, bien qu’existant depuis déjà 3 ans, adapte son texte au goût du jour ? On entend encore les rires du public lorsque Passepartout explique à l’anglais Fix qu’il a quitté la France dès lors qu’on avait désigné Domenech comme entraîneur de l’équipe de France, ou lorsque Philéas Fogg déplore le fait qu’il manquera la dernière saison de Desperate Housewives à cause de son voyage ! Toute l’intrigue part d’un simple pari : Philéas Fogg gage qu’il fera le tour du monde en 80 jours. De là, il apprête son valet Passepartout, figure du Sganarelle anglais, pour se mettre en route. Au cours de leur périple, les deux hommes vont malheureusement croiser le chemin du perfide Fix, qui cherchera par tous les moyens à ralentir leur parcours. A dos d’éléphant ou en Vélib’, les personnages nous font voyager au travers de l’aristocratie britannique et bien au-delà. Rien n’est laissé au hasard, qu’il s’agisse des coutumes et des costumes, avec toujours une pointe d’humour très bien reçue: « je suis capable de marcher dans les rues de Londres sans parapluie ! », « on ne sait pas quelle mycose on peut attraper dans les rouleaux de printemps ! ». L’exotisme omniprésent nous envahit : on aimerait monter sur scène aux côtés du vendeur de tapis égyptien; on se retient de rejoindre Passepartout chez le traiteur chinois…
Un point le plus fort à souligner est la polyvalence des comédiens. Outre une gestuelle synchronisée et une élocution captivante, les comédiens sont, en plus d’être d’excellents acteurs, danseurs et chanteurs.
Ainsi, c’est presque une comédie musicale qui nous attend derrière le rideau.
Exceptionnel, formidable, « incredible », voire « j’en reviens pas-able » comme le clame Monsieur Fogg, ce spectacle est un pur moment d’évasion… Alexis DAVILLE
Adaptation : Sébastien Azzopardi et Sacha Danino d'après Jules Verne
Mise en scène : : Sébastien Azzopardi
Avec : Yan Mercoeur ou Stéphane Roux, Eric Gueho ou Rodolphe Sand, Alexandre Guilbaud ou Christophe De Mareuil, Romain Canard ou Nicolas Tarrin, Réjane Lefoul ou Anaïs Harte
CAFE DE LA GARE
41 Rue du Temple 75004 Paris
Tél.: 01 42 78 52 51
JUSQU'AU 31 DECEMBRE 2009
Qu’est ce qui sépare l’amour des amourettes ?
Les différences entre hommes et femmes sont elles réconciliables?
Sujet des plus banals s’il en est et qui fait depuis longtemps le bonheur de pièces hélas assez faciles et jamais surprenantes.
Il est logiquement de plus en plus difficile d’en faire rire et d’être un tant soit peu original lorsqu’on monte un one man show sur ce thème.
Frederic Recrosio y parvient quand même, et avec une surprenante fraîcheur. Son stratagème est aussi simple et efficace que ses observations sont pointues et acerbes. Il en va ainsi : son récit et le niveau des vannes suivent la même progression que la relation qui sert de trame.
La gentillesse des débuts laisse place à l’excitation puis la passion, et pour notre plaisir sadique, le dépit la lassitude et le cynisme ont quasiment le dernier mot...
Il commence par de plaisantes blagounettes et parvient très habilement, et pour leur plus grand bonheur, à amener les spectateurs dans les recoins assez sombres d’une perception nouvelle de leur partenaire.
Après un spectacle où il évoquait ses techniques de drague et son célibat, Recrosio nous présente ici un très bel exercice qui donne fortement envie de voir ce que donnerait l’application de ce talent prometteur à un domaine différent… Simon DESCAMPS
Avec : Frédéric Recrosio
THEATRE TREVISE
14 rue de trévise,
75009 Paris
Tél. : 01 45 23 35 45
JUSQU'AU 2 JANVIER 2010
Cette pièce que Musset qualifiait de comédie, mais qui s’apparente également au drame romantique, nous expose un jeune triangle amoureux dans un Naples imaginaire.
Coelio, incorrigible romantique éperdument amoureux de la jeune Marianne, se confie à son ami Octave, libertin cynique cachant sa grande sensibilité derrière un hédonisme et un pragmatisme de tous les instants. Octave accepte de jouer les entremetteurs malgré le récent union entre son vieux cousin Claudio et la ravissante mais distante Marianne.
S’ensuivent de poignants dialogues évoquant avec perspicacité de nombreux thèmes intemporels : la condition de la femme, l’inégalité des sexes face au libertinage et sa perception, les écueils de la beauté et de la jeunesse, l’amitié et la fidélité.
Après l’échec de sa première pièce, Musset, déçu et furieux envers le public parisien, ne destinait plus ses oeuvres théâtrales qu’à la lecture. Il écrivit « Les caprices de Marianne » sans se préoccuper de possibles représentations; Et les nombreux changements de décors sont un exemple
parmi tant d’autres des défis à surmonter pour l’équipe qui s’attèle à mettre en scène cette oeuvre.
On peut donc saluer et apprécier l’inventivité, le rythme, la musicalité de la mise en scène de Sébastien Azzopardi et l'intelligent découpage minimaliste du décor qui facilite les allées et venues des acteurs et leurs contributions musicales vibrantes.
L’aspect tragi-comique du triangle Octave – Marianne – Coelio, et des personnages gravitant autour, est transmis avec pertinence par un jeu très souvent juste dans les tonalités employées et passant du comique au dramatique avec une certaine aisance.
Une mention spéciale peut être attribuée à l’interprétation d’un Octave enjoué mais pessimiste, qui reflète brillamment l’intemporalité des thèmes abordés, notamment les désillusions qui peuvent pousser une jeunesse au pessimisme et au cynisme, désillusions auxquelles Musset lui même était sujet lors de l’écriture de cette pièce…
Cette adaptation , aussi divertissante et émouvante qu' intelligente et exigeante, mérite amplement votre présence attentive… Simon DESCAMPS
Auteur : Alfred de Musset
Mise en scène : Sébastien Azzopardi
Avec : Christophe de Mareuil, Elisa Sergent, Grégoire Bourbier, Frédéric Imberty, Richard Delestre, Cindy Rodrigues
LUCERNAIRE
53 rue Notre-Dame-des-Champs - 75006 Paris Tel : 01 45 44 57 34
JUSQU'AU 16 JANVIER 2010
Princesse Cherche... Prince Charmant sachant faire des crêpes, compte en banque normal, vacances à St-Trop, coupé Ferrari, aimant le champagne... et ne portant pas de jogging, citadin allergique au duvet de poulet, croisement entre William et Moulay Hicham, pédigrée et tous les vaccins…
América nous fait découvrir les péripéties d une jeune femme habitée par l’idée de trouver un prince charmant du « troisième millénaire ». Sa plastique aidant, elle arrive aisément à nous amener dans une narration ambiancée et assez proche du réel…
Des anecdotes poignantes sur les désillusions d’une jeune fille en mal de prince sont énumérées, avec comme «remède magique», du chocolat … Une comédienne hallucinante –vrai talent à découvrir-, un texte rafraichissant, un très bon moment de rire et de délire…
De plus, le public est invité à participer, fait précieux qui ne manquera pas d’inciter plus d’un à retourner apprécier «Princesse cherche »… Samuel MATHI
Auteur, mise en scène et avec : America
PETIT GYMNASE
38 bd Bonne nouvelle
75002 Paris
Tél.: 01 42 46 79 79
JUSQU'AU 23 JANVIER 2010
Comment lancer sa start-up et faire imploser amour, famille et amis ! Hommage hilarant à la Nouvelle Economie d'avant la crise des "sub-primes" ! Ce soir là, Vincent Bertin, P-D-G de " Nature et Littoral.com ", est sur le point de boucler son premier tour de table en vue d'une prochaine introduction en Bourse, mais un de ses gros investisseurs le lâche...
Nous sommes ici en présence d’une très bonne pièce de théâtre, écrite justement, et interprétée par des acteurs remarquables.
Béatrice Bergeot, Caroline de Laquintane, Martin Boquien, Gabriel Laborde, Jean Sawicki (Il est bien de TOUS les citer !) nous font passer un moment très réjouissant…
Leurs personnages (Une fille au pair à l’accent britannique et à la tenue aguichante, un pauvre gars, Vincent, qui connaît des difficultés aussi bien financières que familiales..) sont campés de manière éclatante, et nous suivons leurs péripéties en enchainant
les fous rires…. Bravo ! Samuel MATHI
Auteur : Sylvie Audcoeur, David Basant, Olivier Yeni
Mise en scène : Sophie d'Orgeval
Avec : Béatrice Bergeot, Martin Boquien, Gabriel Laborde, Caroline de Laquintane, Jean Sawicki
COMEDIE SAINT MICHEL
95, Boulevard Saint-Michel
75005 Paris
Tél. : 01 55 42 92 97
JUSQU'AU 30 DECEMBRE 2009
Suzanne et Figaro rêvent de se marier, mais le comte, charmé par la pétillante Suzanne et lassé par sa femme, essaie de l’empêcher de toutes ses forces et… de tout son pouvoir.
Les deux jeunes amoureux ne voudront pas lui donner gain de cause et, au fil des scènes rocambolesques (intrigues, rebondissements continus, identifications inattendues…), ils réussiront à couronner leur rêve, en laissant le pauvre comte quelque peu penaud…
Tous les ingrédients de la Commedia dell’arte sont modernisés et harmonisés, grâce à la mise en scène très originale de François Ha Van, au rythme très vif , et valorisant avec habileté les répliques les plus drôles du spectacle…
C’est grâce à cela aussi que le public reste d’une attention extrême pendant toute la durée de la pièce : les différents coups de théâtre se succèdent et créent une sensation d’attente proche d’un véritable suspens qui se développe au fur et à mesure chez le spectateur.
L’atmosphère chaleureuse et les dimensions intimistes de la salle du Lucernaire contribuent eux aussi à nous faire sentir vraiment “au coeur” de l'histoire...
A signaler, parmi une troupe de jeunes acteurs, tous, très doués, et d’une élégance remarquable, le talent du jeune Matila Malliarakis, -déjà remarqué dans “Beautiful Thing”, au Vingtième Théâtre- (ndlr : voir notre critique dans « ARCHIVES » en fin de page) pour la brillance de son interprétation , et la virtuosité de son jeu très « physique »… Un festival de réjouissances donc, que ce « Mariage de Figaro » dont il faut profiter, sans aucune hésitation!… Sara ANEDDA
Auteur : Beaumarchais
Mise en scene : François Ha Van
Avec Sylvain Savard , Nathalie Yanoz , Julie Quesnay , Jean-Baptiste Guinchard , Rafaël Reves , Guillaume Tagnati , Laurent Suire , Etienne Durot , Céline Jorrion , Matila Malliarakis , Anne Trésmolières , Stéphanie Germontré
Théâtre du LUCERNAIRE
53 rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris
Tel : 01 45 44 57 34
JUSQU'AU 2 JANVIER 2010
Un des classiques de Molière…
C’est toujours avec une grande curiosité qu’on va assister à la représentation d’un texte qu’on connaît presque par cœur. On est forcément plus curieux et attentif sur les lumières, les acteurs, la mise en scène, les décors, autant que sur le texte ou l’histoire elle-même.
Il est vrai, « c’est du Molière », dense, littéraire, mais après quelques minutes, on comprend que cette version de l’evergreen du grand écrivain possède un élan tout à fait moderne et frais.
La mise en scène est très sobre, avec un décor unique pour les différents moments de la journée (des volets imaginaires sont fermés et ouverts à discrétion et grâce à de simples astuces de lumière, on est transporté, comme par magie, dans le jour suivant.
Le hamac où se plaint le malade est le noyau de la pièce, ce qui est très agréable et facile à suivre avec justement cette centralité et ce faux héros qui attire à lui tous les autres comme un aimant…
Malade à part, les costumes des autres personnages sont très colorés (les femmes avec des robes faites en peignoir, vraiment jolies) ou très sombres et glauques (pour les médecins plus ou moins « scélérats » ou maladroits…).
La femme du malade est une actuelle et crédible fashion victim portant avec goût des sacs à main des grandes marques d’aujourd’hui.
S’il n’y avait qu’une chose à dire sur les acteurs, ça serait ceci : Ils sont tous parfaits dans leur rôles.
Dans la salle, quelques enfants avaient l’air de s’amuser tout en plaisantant sur les disputes et vicissitudes qui se suivent à un rythme soutenu, ce qui confirme que cette pièce a tout pour plaire aux petits comme aux grands.
Ces derniers forcément se reconnaîtront, qui plus qui moins… dans cette célèbre réplique
« Presque tous les hommes meurent de leurs remèdes et non pas de leurs maladies ».
Rien à voir avec Molière mais l’actualité de cette phrase a porté ma pensée auprès d'un autre artiste, récemment devenu lui aussi « un classique » : Michael Jackson !...
Résolument contemporain, ce très bon « malade imaginaire « est donc à ne louper sous aucune excuse… Claudio SAPONARA
Auteur : Molière
Mise en scène : Léonard Matton
Distribution : Nicolas Saint-Georges, Marianne Soumoy, Stéphanie Bassibey, Frédérique Bourdin, Mélissa Billard, Maxime Bailleul, Barnabé, Nina Tivelli, Ugo Gonzales, Mathias Marty,Thibault Pinson, Charles Lelaure...
LUCERNAIRE
53 rue Notre-Dame-des-Champs
75006 Paris
Tel : 01 45 44 57 34
Grisélidis est Grisélidis Réal (1929 – 2005) : péripatéticienne, réalisatrice, meneuse de la Révolution des prostituées à Paris en 1975 (500 filles qui occupent la chapelle Saint-Bernard en réclamant la reconnaissance de leurs droits). Révolution qu’elle amènera en Suisse, en 1977.
Il s’agit, ici, d’une superbe et étonnant texte, sous forme d’une correspondance qu’elle écrit depuis Genève, au milieu des années 80, à son ami journaliste Jean-Luc qui se trouve à Paris. Les lettres du spectacle sont tirées de « La Passe imaginaire » (éd. Verticales).
Annie Papin incarne cette pute-militante, en racontant son quotidien , son métier à vocation populaire, qui soulage les immigrés turques, arabes, portugais, espagnols.
Son métier, elle l’exerce avec passion, éthique et professionnalisme.
Elle revendique d’ailleurs son rôle social , elle est la seule à tenir compagnie à ces hommes isolés, dont les femmes sont si loin, et qui ont un besoin vital d’affection et de sexe...
D’ailleurs « Un orgasme n’a jamais tué personne », écrit-elle … Au contraire la manque du sexe peut avoir des conséquences très néfastes.
Magnifique écriture que la sienne, littéraire et très crue, sans aucune concession.
Directe et canaille…
Une plume si élégante que les mots comme « fellation », « sperme » etc…… très abondants dans le texte, ne sont jamais utilisés pour choquer et, étrangement, ne sonnent jamais vulgaires.
Il faut absolument souligner l’extraordinaire interprétation d’Annie Papin, d’une intensité rare, et réellement crédible, éperdument dans la peau du personnage.
Elle rythme le monologue en chantant de temps en temps, accompagnée par un pianiste.
Grisélidis… vous est vivement conseillé, car ce spectacle fait réfléchir sur le plus vieux métier du monde, et sur une autre prostitution, très répandue de nos jours mais moins stigmatisée : celle de l’âme… Claudio SAPONARA
Auteur : Grisélidis Réal
Poèmes mis en musique : Gabriel Levasseur
Mise en scène : Régine Achille-Fould
Distribution : Annie Papin (texte et chant) et, au piano, Gabriel Levasseur ou Manuel
Théâtre LES FEUX DE LA RAMPE
2, rue Saulnier,
75009 Paris
Tél. : 01 42 46 26 19
Comme titre, un hommage au film de François Truffaut, "La nuit américaine" : et voila donc la genèse de "Le jour de l'italienne".
Une équipe de comédiens présente sur scène ;
Une pièce condensée en 1h et dix minutes, deux mois de répétitions de « L'Epreuve de Marivaux »..
Un genre de "théâtre dans le théâtre" très brillant, qui raconte l'histoire de la naissance d'un spectacle, mais qui permet, en même temps, d'observer les vrais caractères des ses personnages, et de saisir les liens entre la fiction et la vie réelle.
L'expérience de la Compagnie est évidente : la virtuosité des répliques des acteurs emmène le spectateur à basculer lui aussi, sans arrêt, entre les deux dimensions.
Tout ça donne un fort dynamisme à la pièce ;
Le jeu des comédiens d’une grande sincérité, qui est plus ou moins marquée selon les différents moments du spectacle, contribue à créer des scènes très sagaces et véritablement réjouissantes...
Un "Spectacle - confidence" très subtil, que je conseille vivement… Sara ANEDDA
Création collective
Metteur en scène : Sophie Lecarpentier
Avec Vanessa Koutseff ou Lucie Chabaudie, Xavier Clion, Sophie Lecarpentier, Solveig Maupu, Emmanuel Noblet ou Stéphane Brel, Alix Poisson et Julien Saada.
THEATRE DE L'OEUVRE
55, rue de Clichy, 75009 Paris
Tél. : 01 44 53 88 88
Nous sommes à présent accoutumés à la toujours bonne programmation du théâtre du Lucernaire ; Avec cette pièce signée Steven Berkoff, auteur grinçant du théâtre contemporain, le Lucernaire mérite bien l'appellation de centre national d'Art (et d'essai naturellement)…
Kvetch, ce sont nos angoisses, nos petites peurs, nos interrogations anxieuses qui nous hantent quand le man que de confiance en soi se fait trop présent... Steven Berkoff nous renvoie avec beaucoup de génie l'absurdité des « kvetch » en mettant en scène quatre personnages torturés par eux-mêmes (Etre victime et bourreau de soi-même...).
Il y a Hal - américain moyen qui travaille dur dans le textile et qui n'aime plus vraiment sa femme Donna (tout aussi angoissée que lui). Il y a aussi Franck, personnage névrosé, mal dans sa peau qui se ronge constamment sur son comportement- Est-il trop bavard? Ou trop silencieux?
Et pour compléter ce quatuor névrotique, se rajoute le patron de Hal , Georges tout aussi détraqué qui couche avec Donna , en cachette de Hal...
Ce que nous montre Steven Berkoff, c’est avant tout la psychologie des personnages ; elle est si bien fouillée et ciselée que l'on a en face de nous de véritables personnes- comme des reflets de nous-mêmes dans une moindre mesure...
Et les comédiens y sont pour quelque chose : On peut parler d’excellence, quant à leur jeu…
Aussi, la formidable mise en scène de Ludovic Pacot-Grivel permet de lire toutes les subtilités des dialogues… Le metteur en scène à choisi d'effectuer des arrêts sur image - comme lorsqu'on appuie sur pause en regardant un film- lorsque les "kvetch" apparaissent- coup de projecteur sur le personnage en proie à ses interrogations existentielles- et là, c'est proprement original, ingénieux …Spectaculaire…
Une réussite absolue que ce KVETCH; Une pièce avec une profondeur psychologique admirable…
Une pièce à voir, et revoir sans aucune modération….
Kvetch, c’est moi, c’est nous… Et c’est vous ! Alors, n’hésitez pas à aller vous faire voir….
Et vous passerez une soirée riche, élégante, intelligente, et très attrayante…
Nesrine AISSANI
Auteur : Steven Berkoff
Mise en scène : Ludovic Pacot-Grivel
Distribution : Charlotte Laemmel, Yann de Monterno, Renaud Benoit et Serge da Silva
Théâtre du LUCERNAIRE
53 rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris
Tel : 01 45 44 57 34
Un huis clos, un monologue, Victor « Motobécane » emprisonné pour enlèvement et séquestration d’une fillette de 8 ans nous narre son récit de vie dans un accent picard chatoyant.
Avouons que nous avons déjà lu synopsis plus rassurant...
Pourtant la magie opère et l’alchimie est évidente entre le texte, profond dans sa simplicité et son oralité, l’acteur touchant un public captif, et son personnage empli d’un amour naïf mais capable d’un impressionnant détachement et d’une pertinente analyse de ses contemporains.
La mise en scène est intelligente, épurée, aussi oppressante que le refus de toute communication de cet univers judiciaire et carcéral dans lequel Victor se débat.
Bernard Crombey est tout simplement brillant, émouvant sans jamais rentrer dans le pathos, un modèle de sobriété et d’élégance.
Une leçon d’ouverture d’esprit et de tolérance qui convaincra et remuera même les plus cyniques... Simon DESCAMPS
Auteur :Bernard Crombey
Mise en scène : Bernard Crombey, Catherine Maignan
Avec: Bernard Crombey
LUCERNAIRE
53 rue Notre-Dame-des-Champs
75006 Paris
Tel : 01 45 44 57 34
Auteur méconnu de « Poil de Carotte », Jules Renard est un de ces artistes qu’on efface trop vite de nos mémoires. Cette adaptation de son Journal intitulé : « J’ai le cœur plein de feuilles mortes » nous éclaire sur l’esprit malicieux de l’auteur notamment grâce à l’interprétation remarquable de Patrice Fay. Il est seul sur scène durant plus d’une heure avec pour seul décor une table sans chaise, une plume et quelques piles de livres. Le dénuement de la scène, sa présence et son talent suffisent à tenir notre attention. En effet, on se retrouve très vite captivé par ses jeux de regards et son éloquence. L’écriture, les femmes, la politique... Les différents sujets sont traités avec ironie, fantaisie et adresse. On assiste au portrait d’un écrivain tourmenté, transformant les événements tragiques de sa vie en traits d’esprit mordants.
C’est donc durant plus d’une heure que le public de la petite salle du théâtre Essaïon écoute avec plaisir la voix pleine de nuance et de justesse de l’acteur qui nous plonge directement dans le quotidien de cet homme. Jules Renard disait : « Une pensée écrite est morte. Elle vivait. Elle ne vit plus. » Patrice Fay a su redonner vie aux pensées de l’écrivain en leur apportant une actualité nouvelle ; Le public est tenu en haleine tout au long de la pièce. Un hommage mémorable à la langue d’un grand écrivain qui n’est plus : Jules Renard. Alexandre LECONTE
Adaptation : Jules Renard, Patrice Fay
Mise en scène : Richard Leteurtre
Distribution : Patrice Fay
ESSAION THEATRE
6, rue Pierre-au-Lard
75004 Paris
Tel : 01 42 78 46 42
Il s’agit d’un long poème, comme une longue phrase incommensurable... Adapter ce texte ce n’était certainement pas chose évidente : on part d’un récit explicite, qui parle de désir, d’obsession, de sexe, de violence, de honte et… il n'y a pas de dialogues. Pour mettre en scène cette œuvre, l’idée est la voix off, celle du metteur en scène Marie-Martine Cheveaux, qui guide les actions des deux acteurs, Renaud Farah et Florence Carrique-Allaire.
L’ambiance, sombre et glauque, est créée et très joliment orchestrée grâce à Birgit Yew et son violoncelle magique.
Les acteurs bougent, se regardent, s’aiment, se déchirent, pleurent, crient... sans parler. Une performance, qui nous parle comme une chorégraphie…Mais une si belle danse, d’une intensité diabolique véritablement extraordinaire.
Le jeu des acteurs s’impose à nous tel est un coup de poing : nous sommes émus, captivés …
La mise en scène sobre, tout à fait accomplie et la musique envoûtante créent et nous offrent cette atmosphère « agréablement bouleversante », qui, nous le devinons, ne nous quittera pas facilement…
A conseiller absolument pour tous les "amis-amants" de Marguerite Duras, et pour qui cherche, dans un spectacle, la qualité et l’éxigence artistique et généreuse les plus fortes…
Elles se trouvent dans « L’Homme assis dans le couloir »… Claudio SAPONARA
Auteur: Marguerite Duras
Mise en scène: Marie-Martine Cheveaux
Distribution: Florence Carrique-Allaire, Renaud Farah, Voix Marie-Martine Cheveaux
Violoncelle Birgit Yew
THEATRE DES DEUX REVES
5 passage Thionville
75019 PARIS
Tél. : 01 48 03 49 92
Pour reprendre une expression assez cliché et utilisée fréquemment ce spectacle est un OVNI.
Astien, Ed Wood et Mathurin expliquent comment ils sont devenus les stars internationales et
incontestées du slam, de leurs débuts pitoyables à leur tournée des grands stades américains.
Leurs trois personnages sont à l'image du spectacle et des sujets comiquement abordés :
multi-dimensionnels, avec chacun leur originalité.
On devine le travail énorme qui a du être fourni pour parvenir à un tel degré d'apparente spontanéité.
Un grand nombre de registres sont présents, du caustique au burlesque en passant par l'humour noir et le graveleux.
L'interaction avec le public est au niveau des textes, excellente. On en ressort enthousiaste,
avec l'envie d'y retourner.
Simon DESCAMPS
Auteur : Astien, Ed Wood et Mathurin
Mise en scène :Julie Miller
Avec : Astien, Ed Wood et Mathurin
Après le Café théâtre LE BOUT
à PARIS
Dans le cadre du FESTIVAL D'AVIGNON 2009
THEATRE DU MONTE-CHARGE
22 place de l'Horloge
84000 AVIGNON
Réservations : 04 90 85 62 48
Un texte de Marivaux est déjà en soi un régal de fraîcheur et d’intelligence, et le titre de cette pièce contient des mots qui nous font, à eux seuls, rêver et nous amuser…
Jeu, Amour, Hasard… Ca promet !
L’intrigue est celui d’un échange de rôles avant un mariage combiné, pour arriver à connaître d’une part et d’autre la vraie nature des promis.
Si l’habit ne fait pas le moine, il ne facilite non plus les choses… Les personnages se mélangent, se changent et revêtent des rôles sociaux qui leurs sont totalement étrangers.
Mais si l’habit fait le moine… Au moins pour les autres, on s'aperçoit alors qu'un habit différent du nôtre est souvent difficile à supporter !...
Le Théâtre Douze héberge cette mise en scène d'Erika Vandelet et ses jeunes acteurs fort gracieux et sympathiques : une comédie drôle, qui, malgré le décalage d’époque et de moeurs, reflète bien la façon dont, de nos jours, nous restons souvent coincés … Coincés dans nos
« habits »… A voir !…
Claudio SAPONARA
Auteur : Marivaux
Mise en scène : : Erika Vandelet
Distribution : Charlotte Baglan, Anne Mauberret-Thunin, Jean Le Scouarnec, Sébastien Nivault, Raphaël Poli, Nathanaël Maïni
Théâtre DOUZE
6 avenue Maurice-Ravel
75012 Paris
Tél. : 01 44 75 60 31
Cela fait 5 ans que cette pièce cartonne à Lyon, et c'est aujourd’hui à Paris qu'elle continue de remplir les salles…
C'est le retour d'Edouard qui arrive des Etats-Unis où il a fait fortune et où il a rencontré l'amour. Nous sommes en plein réveillon. Il invite ses anciens amis a fêter la nouvelle année mais Katherine, sa fiancée américaine retrouve par hasard au cours de la soirée un amant de sa jeunesse.. Mais les complications viennent très vite car c'est un ami de son futur époux...
Mais non, non, non stop! Ca ne peut pas continuer comme ça !!!
C’est le metteur en scène, assis tranquillement dans la salle, au milieu du public qui s'insurge subitement contre le jeu des comédiens; le voilà même qui monte sur scène...
Nous comprenons enfin : c'est du théâtre dans le théâtre et c'est à partir de là que tout est bousculé : le metteur en scène (Excellemment interprété) n'est pas du tout satisfait de la pièce ; Quelque chose manque, il cherche, il ne trouve pas.. Eh si! Peut être faudrait il changer « simplement » la distribution des rôles! La chose est faite, là, les comédiens inversent leurs répliques…Et là, c'est le début de la catastrophe…
Et c'est bien cela qui nous fait rire aux éclats…
Tout s'enchaine, une suite ininterrompue de quiproquos, de situations burlesques et absurdes, drôles et légères… Aussi, on reconnait bien l’humour de Florence Foresti, c'est incontestable… Cest un peu comme si elle était présente sur scène… Son esprit plane…
En bref, un très bon moment, rare et précieux comme le sont les très bons moments, une vraie comédie, drôle de bout en bout, et mise en scène généreusement par précisément l'une des plus grandes humoristes de sa génération.
Tout le monde se déchaine, et nous… nous ne boudons pas…Non, nous ne boudons pas notre plaisir avec cette hilarante « Pièce détachée »… Nesrine AISSANI
Auteur : Thierry Buenafente
Mise en scène : Florence Foresti
Distribution : Thierry Buenafuente, Sébastien Bonnet, Emmanuel Huc, Célandine Parent, Thierry Teki
Théâtre de la GAITE MONTPARNASSE
26 rue de la GAITE
75014 PARIS
Tél. : 01 43 20 60 56
Nous vivons dans un monde qui va très vite, où l’on consomme rapidement, sans pouvoir vraiment y prendre plaisir et où l’on trouve facilement de tout en terme de rencontres : des « amis » connectés par Facebook & Co, et des cœurs solitaires pris dans les filets des différents sites de « love and friends »…
On est souvent en marge de la réalité… mais quitte à être virtuel, autant le faire d’une façon plus romantique et classique…
Chloé (Carine Montag) et Léon (Walter Hotton) se rencontrent et apprennent à se connaitre dans un petit café ordinaire : Points communs ? Aucun !
Lui, directeur financier pour une entreprise japonaise, elle, restauratrice des livres anciens.
Mais s’ils ne partagent pas la même vie, ni les mêmes passions, ni la même CSP… ils partagent leurs rêves.
Ce qui est beaucoup plus important…Car en effet, ce petit bar n’existe pas vraiment…
Deux personnes qui évoluent dans leurs visions oniriques mais qui ne se connaissent pas dans la vraie vie… C’est sur ce concept que se base ce texte subtil et très original écrit par Valerie Montag et interprété par sa sœur Carine.
Mais comment passer du rêve à la réalité ?
Tout se fera paisiblement… avec des temps feutrés typiques du songe et grâce à une troisième personne, leur Virgilio barman/jardinier (Excellent Alexandre Foin !).
Un véritable cadeau, que cette comédie sentimentale, fraîche et piquante, délicieusement bien interprétée, idéale pour cet été parisien…
Elle fait du bien, et tient ses promesses en gratifiant chacun des spectateurs de très beaux rêves… Claudio SAPONARA
MANUFACTURE DES ABBESSES
7 rue Véron
75018 Paris
Tél : 01 42 33 42 03
C'est sur un sujet d'actualité, très tendance, dirions-nous que s'active l'imagination d'Olivier Lejeune au théâtre du Palais Royal. Et il trouve, sans doute, là, sa meilleure pièce !
C'est donc les "people» dont il est question , des paparazzi qui vont avec , de toutes les stratégies publicitaires pour être au top des tabloïds…
La pièce se déroule dans une maison de presse, et Olivier Lejeune incarne parfaitement bien le rôle du directeur du journal, autant que Danièle Gilbert - vraie comédienne - , dans son rôle d'associée, de femme râleuse, d'amante imprévue..
Il faut signaler que le capital sympathie dont dispose l’ancienne animatrice, devenue actrice à part entière, n’a pas bougé d’un pouce : le public l’aime, et des murmures d’affection sont partout dans la salle, à chacune de ses apparitions…
On regarde, donc, avec délectation, se débattre ce joli petit monde (Cela va du coursier impayable, au paparazzi prêt à tout pour « scooper » en passant par la superbe Maryline, tous très bien campés !) , qui veulent devenir les plus célèbres parmi les plus célèbres… L'ensemble est très joyeux, avec un excellent rythme comique…
PRESSE PIPOLE est le spectacle qui apporte la petite bourrasque délicieuse et fraîche, qui manquait tant à nos journées ordinaires… Une pièce, à vivre et à rire…
Sans aucune modération… Nesrine AISSANI
THEATRE DU PALAIS ROYAL
38, rue de Montpensier
75001 PARIS
Tél. : 01 42 97 40 00
Il s’agit là de la première adaptation pour la scène, en France, du très populaire roman noir américain de James M.Cain. A peine le spectacle commencé que l’ambiance nous baigne déjà dans une atmosphère tant redoutée et si attendue à la fois… Un vrai régal : L’interprétation d’Olivier Sitruk, Laura Prescurvic et Etienne Chicot est remarquable.
Leur trio amoureux nous charme, nous choque, nous séduit…
Que dire des décors, de la musique ?
Qu’ils nous immergent dans le « théâtre noir », sans nous laisser le temps de prendre l’air…Mais on n’en n’étouffe pas : Au contraire, on n’en respire que mieux… Et l’on traverse, avec peur et appétit, les Etats Unis, en remontant subtilement le temps… L’intrigue de cette pièce tient en haleine le spectateur jusqu’au bout ; Une pièce à ne surtout pas rater… A.B
Auteur : James M'c Cain , adaptation de Jean et Alice Curtelin
Mise en scène : Daniel Colas
Avec : Etienne Chicot, Laura Presgurvic, Olivier Sitruk, Yvan Varco, Xavier Lafitte.
THEATRE DES MATHURINS
36 rue des Mathurins 75008 Paris
Tél : 01 42 65 90 00/01
Au théâtre de l’Essaion, « Vol de Nuit » est à l’affiche… Mais, il s'agit là bien plus d'une lecture que d'une véritable mise en scène théâtrale, et ceci, pour la bonne cause;
En effet, pour ne pas gâcher la moindre parole du livre de Saint Exupéry qui a eu un franc succès , (En témoigne le prix Fémina qu'il obtient en 1931), le texte est lu sur la scène, parce que l'importance de l'histoire et la beauté de l'écriture se suffisent à eux même pour nous faire voyager ..
Fabien est pilote, précisément il est coursier. Il est pris dans un violent orage, il envoie des messages à l'aérodrome dans lesquels il explique qu'il parvient à échapper à l'orage, seulement c'est un autre malheur qui se produit: sa réserve de carburant ne lui suffira jamais. Lui, et Rivette , son patron savent qu'il est condamné mais que faire face à l'inéluctable?
Que dire à la femme de Fabien qui entre dans le bureau du patron comme tétanisée?
C'est une douce méditation sur la mort que nous révèle Fabien et c'est également une dure réflexion sur le devoir d'obéissance et sur l'autorité…
Nous nous devons d’évoquer, pour ce spectacle, le jeu de Cyrille Artaux : qui apporte à son personnage des accents de sincérité émouvants et d’une incroyable vérité ; en un mot, un comédien épatant !
Nous avons, là aussi, une voix off (celle de Lionel Tua) qui incarne justement et parfaitement le narrateur présent sur la scène ;
Une double lecture magique, une véritable théâtralisation du texte : une réussite complète!
Ce « Vol… » est décidément un très beau moment, d'une forte maturité qui nous fait réfléchir et que l’on a un grand plaisir a partager… Nesrine AISSANI
Auteur : Alain Chevallier
Avec : Cyrille Artaux, et la voix de Lionel Tua
Mise en scène : : Alexandra Royan
ESSAION THEATRE
6 rue Pierre au Lard
75004 PARIS
Tél.: 01 42 78 46 42
Albert Camus revisite le mythe de Caligula, Empereur de Rome, dans cette pièce modernisée.
La mort de Drusilla, sœur et maîtresse de Caligula, lui démontre que même la pire des douleurs ne dure pas. Il va alors sombrer dans une démence cynique, impitoyable et dévastatrice, dans laquelle il entrainera ses conseillers, son bouffon, sa maîtresse, son amant...Excepté quelques courageux opposants qui, au péril de leur vie, essaieront de contrer ses noirs desseins : abuser de son pouvoir pour s'égaler aux Dieux, "donner sa chance à l'Impossible" et même décrocher la lune !
La mise en scène de ce CALIGULA est haletante et la parfaite synchronisation des musiques et des jeux de lumières renforce encore l'intensité dramatique des situations.
Le texte est puissant et très bien défendu par d'excellents acteurs.
Enfin, l'incarnation de Caligula fait l'objet d'une interprétation magistrale qui transcende cette folie destructrice et vous fera retenir votre souffle !
Pour vivre des sensations théâtrales fortes et ressentir une tension palpable, précipitez vous pour voir cette pièce….
Conseil : Pour vous remettre de vos émotions, vous pourrez toujours en remontant au niveau de l'accueil, jeter un coup d'oeil à la salle de danse du Mime Marceau (Ancienne Ecole Internationale de Mimodrame). Eric HAAS
Auteur : Albert Camus
Mise en Scène : Valérie FRUAUT
Distribution : François-Xavier BOUCHERAK, Laure PINCEMIN, Nicolas COMBALBERT, Damien RETY, Audrey FAURE, Philibert ADAMON, Fanny COLIN, Caroline HARTPENCE, Guy de La FORTELLE, et avec Hervé MASQUELIER
Théatre du PETIT SAINT MARTIN
17, rue René Boulanger
75010 PARIS
Tél. : 01 42 02 32 82
Un scénariste en panne d'inspiration, une femme de ménage imaginative, une association explosive. Un voyage délirant et décalé au coeur des séries TV ! …
Lorsqu’ amour et humour sont associés de la sorte, on en redemande. Une pensée particulière pour le « narrateur » qui est un atout détonant par son style singulier, (exemple, la « sublime » coiffure punk qui est en décalage avec le costume qu’il arbore tout au long de la pièce…) ;
Et par ses échanges avec le public, il en fait un quatrième personnage à part entière…
Ce qui nous permet d’évoquer les comédiens : Fabrice LELYON , Flavie Le BOUCHER, Antoine TOME ….
Ces acteurs s’immiscent dans leur personnage à tel point que l’on croirait être devant son poste de télévision, avec la tension et le plaisir du live en plus ! Il faut saluer de ce fait, l’inventivité, l’énergie, et l’enthousiasme frénétique qu’offre la mise en scène à tous les personnages du spectacle…
Les interprètes sont décidément étourdissants de drôlerie ; Et pas seulement ; ce sont simplement de TRES bons comédiens !!!...
Ils nous emportent dans un tourbillon de délires joyeux et loufoques, qui fait que l’on est certain d’une chose : nous reviendrons les voir, et accompagnés de tous nos amis… Samuel MATHI
Auteur : Fabrice Lelyon , Flavie Le Boucher
Mise en scène : Xavier Letourneur
Avec : Antoine Tome , Fabrice Lelyon , Flavie Le Boucher
Café Théâtre d'EDGAR
58 bd Edgar-Quinet
75014 Paris
Tél.: 01 42 79 97 97
Tout d’abord, il faut parler de l’harmonie générale qui se dégage de la pièce. Quatre femmes sont les héroïnes perverties ( malgrè elles?) d'une entreprise moderne; il s'agit de Blanche, Belle, Douce et Rose , elles forment le groupe féminin apparemment soudé de la société ;
Le travail est partagé entre elles, toutes font de leurs mieux, mais le lien du groupe demande alors une certaine homogénéité , voire une standardisation de leurs personnes. Précisément, dès que tout le monde se ressemble, la moindre différence est rejetée car c'est toute l'harmonie du cercle qui est menacée de s'effondrer...
Nous y voilà donc, nous sommes lundi, la semaine de travail commence à peine, elles se racontent leurs week-end respectifs… Nous sommes face à quatre femmes modernes, épanouies et construites...
Mais on bascule vite de cette belle ambiance à quelque chose de plus mesquin car trois de ces jeunes femmes dynamiques s'en prennent à la toute nouvelle, Rose ; Et ces dames sont dangereuses ; adorables mais dangereuses…
Enfin, voilà l'image qu'elles veulent donner : celle de la perfection, de la conjugaison parfaite entre "la maman et la putain " qu'elles doivent savoir être…
Et c'st précisément à ce moment là, que la pièce devient sordide, cruelle ... Absolument tragique…
On ne vous parlera pas de la perverse, ni qui joue la boulimique angoissée, ni encore celle qui incarne la névrosée sexuelle…Non, n'en disons pas plus, car l'intrigue de l'histoire tourne autour de ces mille et une révélations…
Aussi, la metteuse en scène Babetida Sadjo y insère une musique idéale pour ces situations. Elle offre comme une parenthèse dans la pièce -et ce sont là, les moments les plus esthétiques de la mise en espace-, lorsque les filles incarnent dans une chorégraphie très sensuelle, les bouleversements internes qu'elles traversent...
La dimension psychologique de ce spectacle nous fait bien comprendre (et presque accepter… ?) à quel pont la méchanceté est le résultat de la souffrance. Et ne serait ce que pour cette leçon de vie, nous applaudissons fortement et le jeu des comédiennes (admirable !) , et la finesse de la pièce…
« Hard Copy », est certainement ce qui se fait de mieux dans le théâtre parisien actuellement : une pièce qui réunit avec maitrise l'humour et l'intelligence tout en élaborant une critique d'un phénomène de société très frappant qu'est le harcèlement moral. Un immense bravo à cette équipe !
Et c'est parce que le sujet est grave et qu'il est traité avec beaucoup de légèreté que la pièce entre dans l'excellence dramaturgique…
Bref, voilà un vrai régal autant pour les yeux que pour l'esprit ; Une pièce exceptionnelle, donc immanquable!!... Nesrine AISSANI
Auteur : Isabelle Sorente
Mise en scène : : Babetida Sadjo
Avec : Elise Harou, Julie Quiriny, Charlotte Van Dongen, Laura Vossen
Théâtre du LUCERNAIRE
53 rue Notre-Dame des champs
75006 Paris
Tel: 01 45 44 22 57 34
A partir d'un fait divers qui s'est passé en 1849 à Savigny sur Orge (Essonne), Marguerite Duras élabore l'histoire de "L'amante anglaise" en redistribuant les sujets du drame. Amélie Rabilloux, qui avait tué son mari dans la réalité, devient Claire Lannes dans la pièce, qui tue sa cousine sourde-muette habitant avec elle et son mari Pierre Lannes. Le cadavre, dans la fiction aussi, subit le même sort : après l’avoir dépecé, les morceaux sont jetés dans les wagons des différents trains de marchandises qui passaient par un viaduc près de la maison des Lannes. Tout ça est l'oeuvre de Claire Lannes, qui confessera le crime mais qui ne dira jamais où elle a caché la tête du cadavre, le seul morceau encore manquant... La scène se déroule entièrement pendant l'interrogatoire, qui suit la confession de l'assassin ; chacun à son tour, Pierre et Claire sont soumis aux questions de l' « interrogateur ». Un décor dépouillé, (un bureau et deux chaises) ; Un grand écran au fond de la scène et certaines images de trains et de voies qui sont projetées…. Tout ça rend très réaliste le contexte et contribue à faire se concentrer le spectateur sur le dialogue soutenu et la fine analyse psychologique des personnages ; surtout de Claire Lannes, magistralement interprétée par Ludmila Mikael, et sur sa personnalité ambiguë. Dans l'histoire réelle aussi, en fait, Claire n'a jamais su donner une explication de son acte. Cette alternance continue entre lucidité et folie, dans ses mots comme dans son regard, crée un véritable « sens de désorientation » et une empathie importante chez le public... Dans une très bonne mise en scène, sobre et juste, et avec des acteurs d'exception : un spectacle à voir, donc, pour s’immerger profondément, et avec une vraie jubilation, dans l'univers théâtral de Marguerite Duras… Sara ANEDDA Auteur: Marguerite Duras Théâtre de la MADELEINE
Mise en Scène : Marie-Louise Bischofberger
Assistante à la mise en scène : Alexandra Lacroix
Avec: Ludmila Mikaël, Ariel Garcia Valdes, André Wilms
19, rue de Surène 75008 Paris
Tél. : 01 42 65 07 09
Le professeur Aronax, donne une conférence au Muséum d'histoire naturelle de Paris sur son extraordinaire voyage sous-marin. Pour ce faire, et avant de commencer , il n’oublie pas de saluer ( et d'intégrer) le ministre et la directrice du Muséum…
Pour nous narrer son périple, il se sert de ce qu'il a sous la main : que ce soit des crânes d'animaux, des poissons fanés ou autres animaux empaillées, os en tous genres, ils représentent tous les personnages du roman : le capitaine Nemo est un petit crâne effrayant, le baleinier un coquillage etc…
Parler de ce spectacle sans en dévoiler les mystères est de l’ordre de l’utopique…
Dire du bien de notre dépaysante et incroyable soirée passée au Théâtre Dejazet passerait pour de l’excessif… Et pourtant…
Il fallait ETRE LA ! Il faut être présent pour se fabriquer une vraie prise de conscience :
Le pari est gigantesque, et Sydney Bernard, en compagnie de son excellent accolyte le remporte haut la main : On rit, on s’enflamme, on est emballé…
Le paradoxe entre l’humilité de l’acteur et le « gigantisme » de l’œuvre est très important et c’est peut-être aussi ce qui fait que ce spectacle fonctionne très bien…Petits et grands y trouvent leur compte de surprises et d’émotions, et Monsieur Jules (Verne de son nom…) peut veiller, de très loin, rasséréné… Pour piquer la formule à Ribes, dans les années 80, « MERCI MONSIEUR BERNARD… » Alfred COHEN
Auteur : Sydney Bernard
Mise en scène : Sydney Bernard
Avec : Sydney Bernard et Thierry Le Gad
Théâtre DEJAZET
41, Boulevard du Temple
75003 Paris
Tél. : 01 48 87 52 55
Une “opérette amorale” de la grande Emma Dante – metteur en scène sicilienne devenue un phénomène théâtral en France en moins d’un an – nous plonge dans l’univers « palermitain » avec toute la joyeuse brutalité typique de son style théâtral.
En continuant son cycle de pièces dédiées à sa ville natale – Palerme – l’auteur se concentre cette fois sur les "Pulle", les putains de Palerme (dans ce cas, quatre travestis et un transexuel), sur leurs vies et leurs illusions… Et leur exclusion… Stellina garde aveuglément confiance dans l’amour qu’elle porte à Rocco, un client qui provoque , chez elle une grande attirance… Sara est obsédée par la recherche d’une minceur utopique qui l’emmènera à la boulimie;
Moira souffre encore de la méchanceté de sa mère, qui l’a initiée à la prostitution pendant l’enfance;
Rosy porte sur son corps les traces de la violence subie par des dépravés qui l’ont battue et Ata, enfin, est constamment en lutte avec un père qui n’accepte pas la condition de transsexuel du “fils”.
Toutes ces tragédies sont accompagnées par le rire, les répliques sagaces et l’excitation des protagonistes. Pendant que les histoires se développent sur scène, trois fées guidées par Mab (Emma Dante même) transfèrent leur âme féminine dans les Pulle grace à leur chant … Une dimension magique se révèle doucement dans un spectacle si “populaire”…
Une mise en scène superbe accompagne l’alternance des différents registres …
Une crudité exacerbée est offerte au public sans restriction, et son contraste avec la poésie amère qui se dégage du spectacle, charge les spectateurs d’un mélange d’émotions frappant…
Un spectacle dans lequel il faut s’immerger jusqu’au bout pour en saisir toute l’énergie et qui ne laisse pas indifférents… Et les acteurs sont formidables... Sara ANEDDA
Auteur : Emma Dante
Mise en scène : Emma Dante
avec Elena Borgogni, Sandro Maria Campagna, Sabino Civilleri, Emma Dante, Clio Gaudenzi, Ersilia Lombardo, Manuela Lo Sicco, Antonio Puccia, Carmine Maringola
THEATRE DU ROND POINT
2 bis avenue Franklin D. Roosevelt 75008 Paris
Tél. : 01 44 95 98 21
Tournée à travers à la France (LIMOGES, TOULOUSE, STRASBOURG, CHALONS..)
"Le Dindon" est un incontournable de Feydeau, dans lequel on retrouve toutes les intrigues, les quiproquos, les retournements de situation et les relations de séduction hommes/femmes qui en font le charme et la vivacité.
Tous les personnages sont au rendez-vous : femme fidèle...sauf si affinités, mari trompé...et trompeur, coureur de jupon, homosexuel, nymphomane, séducteur, vieux-beau et vieux pervers...
Madame Vatelin, femme fidèle, refuse toute avance d'un coureur de jupon occasionnel comme de son prétendant habituel, jusqu'au jour où la tromperie de son mari l'incitera à se venger dans les bras de ...
Pour interpréter cette galerie de portraits, les acteurs, tous très doués, changent à la fois de personnage, de costume, d'attitude et d'accent à un rythme soutenu, ce qui vous fait passer une soirée bien agréable.
Vous apprécierez enfin la chorégraphie originale et hilarante que dansent les acteurs entre chaque acte….
La moralité et l'honneur seront-ils saufs au final ?...
En tout cas, pour notre plus grand plaisir, chacun aura été tour à tour le Dindon de la farce !"
Prenez votre place… Eric HAAS
Auteur : Georges Feydeau
Mise en scène : Eudes Drivet
Distribution : Régis Amram, Tom Bracquart, Nathali Missegue, David Rapon, Lucilla Sebastiani
THEATRE DE NESLE
8 RUE DE NESLE
75006 PARIS
Tél.: 01 46 34 61 04
Les deux canards sont La Torche et Le Phare, deux magazines concurrants dans un village français d’il y a quelques décennies… Les deux rédactions sont toujours en lutte, se disputant les directeurs, les journalistes, les titres….. qui en fait sont souvent les mêmes...
Cela nous offre très souvent , grace aux jeux d’identité des quiproquos très cocasses.
Tous les ingrédients pour permettre aux spectateurs de passer un très bon moment d'enthousiasme et de frénésie sont là : les intrigues d’amour, les trahisons, les rapports conjugaux, l’ambition au pouvoir....
Et le tout est si bien écrit que, même si l'on comprend longtemps avant le gag où l'auteur veut en venir, on s’amuse quand même énormément et rien ne paraît jamais ordinaire... Les répliques sont décidément irrésistibles et le jeu délicieux , grâce à un parfait casting, avec des acteurs qui s’adaptent à leurs rôles, aussi bien intellectuellement que physiquement... Une mention spéciale pour l'innénarable Isabelle Nanty, fantasque et loufoque...
Un moment charmant que cette pièce : elle est d'une fraîcheur et d'une intelligence rare, idéale dans un moment de “crise” générale;
Mais ici, ce ne sera que "crise" de ... RIRE... Claudio SAPONARA
Auteur : Tristan Bernard et Alfred Athis
Mise en scene : Alain Sachs
Avec Isabelle Nanty, Emmanuel Patron, Urbain Cancelier, Pierre-Olivier Mornas, Gérard Chaillou, Jean-Marie Lecoq, Catherine Chevallier, Jean-Pierre Lazzerini, Jean-Louis Barcelona, Michel Lagueyrie, Laurent Meda, Cassandre Vittu de Kerraoul.
Théâtre ANTOINE
14 bd de Strasbourg 75010 Paris
Tel : 01 42 08 77 71
Quel bonheur d'assister à ce spectacle!
On en sort plus heureux, plus joyeux , et rock'n roll comme jamais! Une bouffée d'air frais dans le théâtre parisien!
C’est l'histoire réaliste, drôle et dramatique à la fois, d'un jeune couple un peu perdu dans le monde qui tente malgré tout de croquer la vie à pleine dents.
Gus et Léa sont les deux personnages de la pièce ; Ils nous racontent leur rencontre après la fin d'un concert, leurs passés respectifs, leur façon de vivre au jour le jour, leurs goûts pour la musique (le rock justement) , les escapades amoureuses qu'il feront par la suite, les pannes de voiture au bord de la route, les huissiers qui viennent et qui prennent tout…
En bonus, quelques chansons improvisées sur une place publique et, posé devant eux, un chapeau renversé dont nous comprenons très vite le sens..
Enfin, le récit est plein de rebondissements, le couple est touchant… Les comédiens sont habités par leurs rôles, tant, que le public ne les lâche pas d’un regard…
Et pour finir, et c’est un fait rare au théâtre, on a presque l'impression d'assister à une séance de cinéma, (avec le live en plus, bien sûr!) tant les scènes défilent sans pauses, tant le jeu des comédiens est d’une incroyable vérité et tant cette musique est si séduisante… Bref, en 3 mots : Un spectacle immanquable !… Nesrine AISSANI
Auteur : Xavier Durringer
Mise en scène : Christophe Luthringer
Avec : Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps
Théâtre du LUCERNAIRE
53 rue Notre-Dame des champs
75006 Paris
Tel: 01 45 44 22 57 34
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